Conférences

L’occupation russe du Donbass ukrainien / Conférence de l’historienne ukrainienne Olena STYAZHKINA au Salon du Livre et des Cultures 2019 à Luxembourg

Sur l’invitation de l’asbl « Ad pacem servandam » (Pour la Paix et contre la guerre), l’historienne et écrivaine ukrainienne, Madame Olena Styazhkina, était du 1er au 3 mars 2019 au « Salon du Livre et des Cultures » à Luxembourg. Le 2 mars, elle y a donné une conférence documentant l’invasion et l’occupation par les forces russes des villes ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk dans l’est du pays. Les deux comptes rendus qui suivent retracent cette conférence le plus fidèlement possible.
Sur l’invitation de l’asbl « Ad pacem servandam » (Pour la Paix et contre la guerre), l’historienne et écrivaine ukrainienne, Madame Olena Styazhkina, était du 1er au 3 mars 2019 au « Salon du Livre et des Cultures » à Luxembourg. Le 2 mars, elle y a donné une conférence documentant l’invasion et l’occupation par les forces russes des villes ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk dans l’est du pays. Les deux comptes rendus qui suivent retracent cette conférence le plus fidèlement possible.

Vous pourrez faire parvenir vos éventuelles questions à Mme Styazhkina via notre formulaire de contact (http://adpacem.org/a-propos/devenir-membre-et-nous-contacter/).

Longtemps restée invisible au 19e et 20e siècle ou du moins peu considérée, l’Ukraine sort subitement sur le devant de la scène européenne en 2014 lors du soulèvement populaire du Maïdan, à Kyiv, qui dure pendant des semaines. Cette affirmation claire du peuple ukrainien pour davantage d’indépendance amène la Russie à sortir ses « armes de toujours » et à envahir une partie considérable de l’Ukraine. Le grand voisin affiche ainsi sa volonté de dominer à nouveau ces territoires. La Russie annexe aussi la Crimée et entame une guerre hybride dans l’est du pays en contrôlant la propagande et la désinformation dans tous les médias des territoires qu’elle occupe. En 2014, les nostalgiques du bon vieux temps soviétique sont encore nombreux en Ukraine. Ils accueillent l’occupant russe comme un libérateur et pacificateur.
C’est d’abord une guerre hybride que la Russie a mené progressivement dans le Donbass ukrainien alors que selon un sondage réalisé à Donetsk en mars 2014 seule une minorité de la population était favorable à une annexion de cette partie du territoire à la Russie. Se servant de photos et d’études sociologiques pour étayer ses dires, Madame Styazhkina explique comment, entre mars et mai 2014, les forces et unités spéciales pro-russes ont progressivement pris le pouvoir des centres administratifs, de la police urbaine et de la rue à Donetsk. C’est à travers le contrôle de tous les médias par ces forces que la population locale a été manipulée au point à croire en une libération russe des soi-disant fascistes qui se seraient installés à Kyiv, la capitale, lors du soulèvement du Maïdan.
À partir de l’été 2014, la Russie a mené une véritable guerre d’agression en occupant d’ultérieurs territoires dans l’est du pays. Pour avoir vécu elle-même à Donetsk durant cette période, Madame Styazhkina peut montrer grâce à des photos et des exemples concrets comment le nouveau système pro-russe s’est mis en place, grâce aussi aux forces spéciales russes qui ont contrôlé rapidement les positions-clés du pouvoir dans ces villes. S’ils n’avaient pas contrôlé à 100% les médias pour propager la propagande et la désinformation, les Russes n’auraient pas pu manipuler une partie si importante de la population dans les territoires occupés.
Madame Styazhkina présente et explique ensuite certaines formes de résistance non violente de la population de Donetsk, tout en insistant sur le risque de mise à de mort que les personnes impliquées risquaient ainsi. Enfin, elle livre des preuves concrètes et irréfutables pour démontrer qu’aujourd’hui une partie du Donbass est sous occupation militaire russe. L’historienne explique en même temps qu’on ne peut en aucun moment parler de guerre civile dans l’est de l’Ukraine, comme veulent le faire croire au contraire les médias russes ; cette désinformation est malheureusement relayée même par certains journalistes et médias occidentaux.
Aujourd’hui la guerre continue sur un front d’une longueur d’environ 400 km. Elle a fait plus de 13.000 morts du côté ukrainien – ces chiffres n’incluent pas les morts qu’il y a eu dans les deux républiques pro-russes autoproclamées de Donetsk et de Louhansk.


Vous pourrez lire ici le compte-rendu complet de la conférence de Madame Olena Styazhkina.


L’Ukraine invisible

Depuis cinq ans il existe à nouveau en Ukraine une littérature de guerre. Il y a des auteurs qui ont connu le front en tant que simples soldats ou médecins, ou qui ont vécu pendant un certain temps dans les territoires occupés. Cette littérature tente de trouver les mots appropriés pour décrire la guerre. Ces œuvres sont devenues aujourd’hui une partie importante de la littérature en Ukraine. Madame Styazhkina est consciente du fait qu’il est difficile pour les gens qui vivent au Luxembourg et dans la Grande Région de comprendre ce qui se passe dans son pays. C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes ont du mal à se sentir solidaires avec un pays qui demeure invisible sur la scène européenne et mondiale.
Au 19e siècle les intellectuels estimaient que l’Ukraine était un État souverain situé entre la Pologne et la Russie, alors qu’au 20e siècle le pays se serait prétendument dissous à l’intérieur de l’URSS. De même qu’à l’époque, il est logique pour la Russie impériale actuelle de ne pas faire de distinction entre l’Ukraine, la Biélorussie et les autres nations post-soviétiques. Comme la langue ukrainienne ressemble à la langue russe, il y a le préjugé que les deux pays sont habité par le même peuple. Beaucoup d’Européens pensent par ailleurs aussi que les Biélorusses et les Ukrainiens seraient le même peuple. On peut même trouver des Ukrainiens qui ne font plus de distinction.
Où se situe la frontière ?
Le soulèvement populaire au Maïdan et l’agression russe en 2014 vont changer cette façon de penser. À partir de ce moment l’Ukraine devient visible, mais le prix à payer est cher : beaucoup d’Ukrainiens doivent être prêts à manifester et à mourir pour leur patrie.
Depuis 2014, tous les médias russes rapportent que la guerre en Ukraine de l’Est serait une guerre civile. Or cela est faux, étant donné qu’il n’y a pas de confrontation civile entre Kyiv et Donetsk. Il est vrai certes que les habitants de Donetsk ne se sont pas battus pour l’indépendance de l’Ukraine, comme cela a été le cas dans la capitale. Mais le Kremlin va réagir, puisqu’il considère le soulèvement du Maïdan comme un soulèvement contre la Russie. Pour le Kremlin l’Ukraine appartient à la Russie, d’après lui il n’y a pas de frontière entre ces deux pays. C’est la raison pour laquelle des chars russes sont entrés depuis dans les rues de Donetsk et de Louhansk.
Le Kremlin n’avait reconnu ni la frontière avec la Hongrie en 1956, ni celle en 1968 avec la Tchécoslovaquie. Les soviets russes croyaient alors avoir le droit de contrôler ces territoires et d’y exercer leur influence. La Russie moderne est l’héritière de l’URSS et croit donc pouvoir envoyer ses chars dans ce pays limitrophe, comme c’était le cas en 2008 en Géorgie. Beaucoup d’hommes politiques européens acceptent aujourd’hui ces occupations russes, de même que cela a été le cas du temps de l’URSS. Heureusement, les sanctions économiques montrent que les Européens ont une arme pour marque leur désaccord. Comme en Russie, il y a en Ukraine des personnes pour qui il n’est pas clair s’il y a vraiment des frontières entre la Russie et l’Ukraine. Ces sont les nostalgiques de l’Union soviétique pour qui tout ce qui est soviétique représente le bon vieux temps.

Donetsk et Louhansk début 2014

Du 26 au 28 mars 2014, une enquête a été menée auprès de 500 habitants de la ville de Donetsk pour clarifier leur attitude à l’égard d’un certain nombre de questions d’actualité. Cette enquête, réalisée après l’annexion de la Crimée par la Russie, montre combien de personnes voulaient retourner en arrière (à un régime soviétique) et combien au contraire plaidaient pour une Ukraine libre.
65,7% des habitants de Donetsk voulaient vivre en Ukraine ; 8,7% voulaient entrer dans la nouvelle union avec la Russie et les anciennes républiques soviétiques (retour à l’URSS) ; 18,7% voulaient devenir une région de la Fédération russe ; 4,7% voulaient l’indépendance pour Donetsk.

Ces chiffres qui ont été publiés par l’institut ukrainien « The National Institute for Strategic Studies » sont importants et cependant peu connus. Même en Ukraine, et surtout dans le Donbass où la propagande russe est très forte, peu de gens seulement connaissent ces données.
En mars 2014, la population de Donetsk ne soutenait pas ce qui se passait à Kyiv, puisque la plupart des gens avaient peur de l’avenir. La télévision russe disait que le gouvernement de Kyiv voudrait interdire la langue russe ; mais seulement 3,7% des habitants affirmaient (dans une autre question de cette enquête) que c’était là leur plus grand problème et voulaient que le russe devienne langue officielle. Ce qui préoccupait surtout les gens alors, c’étaient les problèmes sociaux : les salaires, la hausse des prix, la sécurité sociale. Les gens n’étaient pas prêts à prendre les armes et ne voulaient pas se battre contre l’Ukraine. Le Kremlin avait compris que la population locale n’était pas prête à se soulever contre le gouvernement central de Kyiv et avait donc décidé d’envoyer des forces spéciales.

Les différentes phases de l’agression russe

Le sociologue russe Nikolay Mitrokhin, qui vit en Allemagne, distingue plusieurs phases de l’agression russe et propose de voir trois étapes qui mènent au conflit armé au Donbass. La première était cachée et pas directement visible. C’était une « invasion de touristes», des jeunes hommes russes qui font tout à coup leur apparition dans les rues de Donetsk et de Louhansk. Ils ne connaissent pas ces deux villes et les territoires du Donbass ukrainien. Ils s’informaient auprès de la population locale comment trouver tel ou tel endroit, ils avaient des problèmes à s’orienter au niveau des prix sur les marchés ; ils avaient un accent russe prononcé et leurs montres indiquaient l’heure du fuseau horaire russe (il y a deux heures de différence avec l’Ukraine). Ils arrivaient en fin de semaine et la population locale parlait des révolutions du week-end. Ils se déplaçaient alternativement à Donetsk et à Louhansk. Ainsi, quand pendant un week-end il y avait une de ces révolutions à Donetsk tout était calme à Louhansk et vice-versa. Il y avait aussi une partie de la population locale de ces villes qui manifestait dans les rues ; c’était surtout des gens payés et contrôlés par les services russes. Sur les photos, on les reconnaît à leur bonnet noir et à la manière dont ils se regardent entre eux en contrôlant les manifestants avec leur regard. Ces nationalistes russes venus de Russie pour faire les « soulèvements à Donetsk et à Louhansk » étaient rejoints par des troupes des forces spéciales russes et les services de renseignements. Ils organisent les manifestations de rue pro-russes et la saisie des bâtiments administratifs. C’était la première étape visant à déstabiliser l’Ukraine.


Mitrokhin identifie la 2e phase de l’agression russe quand les forces spéciales russes ont occupé les petites villes du Donbass. C’étaient surtout d’anciens combattants des guerres d’Afghanistan et de Tchétchénie ainsi que des partisans politisés et des volontaires recrutés par des organisations néo-impérialistes en Russie qui étaient devenus les forces de choc de l’occupation armée. Sur des photos prises en mai 2014, on peut aussi voir les soldats du président tchétchène Kadyrov, un allié du président russe Putin.

La troisième phase a démarré en août 2014, quand l’armée ukrainienne a réagi en voulant bloquer la livraison d’armes de guerre et l’entrée de soldats étrangers dans les territoires ukrainiens. C’est à ce moment que la Russie a envoyé l’armée régulière, mieux formée et préparée que l’armée ukrainienne impuissante et forcée à accepter une trêve. Les photos présentées par Madame Styazhkina montrent bien des soldats de l’armée russe qui ont les traits asiatiques et se distinguent nettement des visages typiquement ukrainiens. À partir du mois d’août 2014, on peut clairement parler d’un régime d’occupation russe qui s’est installé dans le Donbass. Les agents des services secrets et de l’armée russe occupent toutes les positions-clés et décisionnelles dans les territoires occupés.

Désinformation du peuple

Pendant ces phases de l’agression russe, la société ukrainienne, dans son ensemble, est sous un choc émotionnel tandis qu’un certain état hystérique l’empêche d’analyser et de comprendre ce qui se passe dans le sud-est du pays. Les médias russes continuaient jour après jour à dire et à commenter que c’était la population du Donbass qui se soulevait contre l’Ukraine. Comme les Ukrainiens ne s’attendaient pas à une invasion et occupation russe, les médias russes en profitaient pour manipuler les gens des territoires occupés en leur faisant croire que l’Ukraine serait l’ennemi et la Russie le libérateur. En 2014, l’armée ukrainienne se trouvait dans un état déplorable et elle était mal préparée à une guerre à laquelle elle ne s’attendait pas du tout de la part de la Russie. C’étaient surtout des bataillons de volontaires armés qui arrêtaient l’avancée des forces et milices pro-russes.

Actes de résistance à Donetsk

Olena Styazhkina montre une série de photos illustrant différents actes de résistance ukrainienne dans la ville de Donetsk. Une première photo montre des manifestants étudiants et des patriotes ukrainiens qui veulent se battre pour l’Ukraine. Cette manifestation a lieu le lendemain de l’occupation russe et de la saisie du bâtiment administratif de Donetsk. Sur une autre photo on voit la manifestation du 5 mars 2014 à laquelle ont pris part environ 10.000 manifestants.

 

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Une autre photo montre Dimitry Chernyavsky, un patriote ukrainien, qui a été tué le 13 mars 2014 à Donetsk par des russes.

Sur une autre photo on reconnaît Vladimir Rybak, un patriote ukrainien de Horlivka, enlevé, torturé et tué en avril 2014, pour avoir défendu le drapeau ukrainien. Il a été retrouvé nu et mort dans un fleuve après avoir été cruellement torturé.

Avec cette mort, les occupants faisaient peur à la population en leur montrant le sort qui attendrait celui qui voudrait s’opposer à l’occupant. Sur une autre photo, on voit des manifestants qui sont dans la rue pour manifester après la mort de Rybak, conscients des conséquences cruelles qu’ils risqueraient de subir.

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Sur une photo on voit la manifestation du 17 avril 2014, où les manifestants subissent les attaques d’hommes habillés en noir ; certains manifestants sont battus et enlevés. Madame Styazhkina, qui a pris personnellement part à cette manifestation, regarde en rentrant la télévision russe qui montre cette manifestation en la commentant tout autrement : il se serait agi, selon la télévision russe, d’une manifestation à Donetsk en faveur d’une fédéralisation avec la Russie et que des Ukrainiens auraient essayé d’empêcher. À ce moment, l’historienne a compris que les habitants de Donetsk ne pouvaient plus rien faire.
La situation devenait de plus en plus difficile. Il y a eu des meurtres de patriotes ukrainiens, ce qui a empêché toute nouvelle manifestation. En été 2014, beaucoup d’habitants de Donetsk ont commencé à s’enfuir hors des territoires occupés. Mais la plupart de ceux qui sont restés ne soutiennent pas nécessairement le régime d’occupation russe. Sur une autre photo, l’historienne montre la ville de Sloviansk libérée après des mois d’occupation russe.

Les gens continuent à parler russe et ils ont la possibilité d’apprendre l’ukrainien. Ils s’opposent à toute nouvelle occupation de la ville par les forces russes. S’ils avaient voulu rester sous occupation russe il y aurait sûrement eu une résistance, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à aujourd’hui. Dans les villes libérées par l’armée ukrainiennes on rapporte de nombreuses atrocités que l’occupant a fait subir aux populations locales. Par contre, dans tous les territoires occupés par la Russie il y a de la résistance.
En été 2014, sur une photo de street-art , l’artiste Sergej Zakharov montre une façon de résister à l’occupant russe. Il fallait beaucoup de courage pour montrer un tel acte de résistance devant le Palais de Justice de Donetsk.

Sur une autre photo on voit un « héros » de la République populaire de Donetsk (DNR), appelé Motorola, qui a été tué plus tard dans une explosion à son domicile. Le peintre a passé quatre mois dans un camp de concentration à Donetsk. Il a été racheté à prix fort, car les autorités de cette république populaire donnent la liberté à des prisonniers contre de l’argent. Après sa libération, Sergej Zakharov a réalisé une bande dessinée où il montre ce qu’il a vécu dans ce camp de concentration. Le pire était pour lui l’imitation d’une exécution. Par trois fois, il est passé par cette fausse exécution. Pendant trois mois, il avait été attaché à la jambe d’un autre prisonnier et tous les deux devaient être exécutés ensemble.

Une photo montre des graffitis où il y a écrit « la Russie c’est de la m… ». Une autre photo montre des draps de bain mis à sécher sur un balcon ; comme par hasard (qui n’en est évidemment pas un) ils correspondent aux couleurs de l’Ukraine. Sur une autre photo on voit un graffiti sur un mur où est écrit « PUTLER tu dois t’en aller », ce nom étant composé de Putin et Hitler. Une autre photo a été prise dans un tramway de Donetsk et sur une autre on compare la paix russe avec le fascisme.

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Tous ces graffitis ont été faits par des habitants de Donetsk qui essaient de montrer leurs façons de résister. À part ces formes visuelles, il y a les formes de résistances qui passent par les réseaux sociaux et qui ne durent que pendant un certain temps et où il s’agit de se communiquer des informations interdites, comme des points de contrôles de la milice ou les places où il faut se retrouver ou se diriger pour éviter ces contrôles.
Le bloggeur Stanislav Aseyev était resté à Donetsk et écrivait sur les enlèvements, sur la peur et sur les tortures. Il a été arrêté et les autorités ukrainiennes demandent sa libération jusqu’à aujourd’hui, mais on n’a plus de nouvelles de lui. Jusqu’à ce jour on ne sait pas s’il est encore en vie.

Nous sommes maintenant à la sixième année du couvre-feu à Donetsk ; les habitants n’ont pas le droit de sortir dans la rue entre 22h et 6h du matin ; sinon ils sont arrêtés. Sur une photo on voit patrouiller dans les rues des soldats armés russes, continuellement remplacés.



Preuves de l’occupation russe

Madame Styazhkna a ensuite résumé pourquoi le nouveau régime en place est bel et bien une occupation. Tout d’abord, le système financier et monétaire est russe. La monnaie est le rouble russe. Toutes les ressources du territoire (métaux, charbon, bois) sont emmenées en Russie. Même les arbres centenaires dans les parcs sont coupés et emmenés en Russie. On coupe toutes les grandes constructions métalliques pour les emporter. Des fabriques entières sont démontées et emportées. La presse et la télévision ukrainienne sont interdites et l’accès aux sites ukrainiens est bloqué. La langue ukrainienne est officiellement autorisée mais pas enseignée dans les écoles. Seulement dans la ville de Donetsk il y a actuellement huit prisons et un camp de concentration. Il y a de la résistance non violente, comme cela a été documenté plus haut, alors que la résistance armée se fait par des actes de sabotage, comme l’explosion de ponts, de rails de train, à l’intérieur de bâtiments administratifs ou dans des prisons. Il y a aussi des actes de liquidation d’occupants qui se sont rendus responsables de crimes commis sur des patriotes ukrainiens. Ces actions sont toutes menées de façon secrète et on ne connaît pas de détails sur ces mouvements de partisans ukrainiens qui opèrent dans les territoires occupés. Ces patriotes risquent leur vie en menant ces actions secrètes.
Combien sont partis, combien restés ?
Avant l’occupation la ville de Donetsk avec tout son district comptait environ 5 millions d’habitants. Selon les statistiques de la République populaire de Donetsk (DNR) la population compte actuellement 1,7 millions d’habitants, tout en sachant qu’elle ne contrôle qu’un tiers de l’ancien territoire. Louhansk comptait environ 3 millions d’habitants avant l’occupation ; 1 million de personnes vivrait désormais sur le territoire de la république autoproclamée de Louhansk. Madame Styazhkina pense que ces chiffres sont surestimés par les responsables des deux républiques autoproclamées afin de pouvoir toucher des budgets plus importants de la part du Kremlin. Périodiquement, les autorités des deux territoires occupés proclament vouloir nationaliser les maisons et appartements laissés vides par les millions d’Ukrainiens qui se sont enfuis. Jusqu’à maintenant cela ne s’est pas encore fait.

L’historienne Styazhkina est convaincue que le but ultime de la Russie est d’occuper toute l’Ukraine. Si cela devait s’avérer, la Russie se retrouverait au milieu de l’Europe. Elle imposerait alors une façon de gouverner non européenne où la conception de la liberté et de la liberté de conscience est tout à fait différente. Une dernière photo montre une vue de l’ancienne ville industrielle de Kramatorsk, libérée par l’armée ukrainienne en 2014 après plusieurs mois d’occupation. L’on y voit, comment la population sort dans la rue sur sa propre initiative pour y manifester un an après sa joie d’avoir été libérée. Les génes sur la photo sont contents d’être Ukrainiens et ils le disent en russe. Madame Styazhkina termine sa conférence en exprimant le vœu de pouvoir montrer bientôt la même photo de Donetsk. Car la majorité de la population dans les territoires occupés est très fatiguée de cette guerre. Beaucoup d’ailleurs qui au départ avaient été pro-russes se sentent désormais trahis par la Russie. Beaucoup veulent que les territoires redeviennent ukrainiens, même si pour l’instant personne ne sait dire comment cela pourra se faire.

Actions de soutien

Marche pour la Paix

Depuis ce jeudi 25 juillet, Anselmo Malvetti, membre de notre association, a commencé sa marche pour la paix dans Ukraine de l’est. Depuis 2014 dans cette partie de l’Europe se déroule une guerre aujourd’hui méconnue et que les médias européens ne traitent pas dans leurs nouvelles.

Anselmo connaît l’Ukraine parce qu’il y a été en 2013, un an avant le déclenchement de la guerre, pour apporter de l’aide humanitaire à un orphelinat à Tcherkassy, ville située au centre de l’Ukraine.

 

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Lors de ce voyage il a également visité avec ses amis la Crimée ukrainienne qui a été annexée par la Russie en 2014 lorsque le peuple ukrainien manifestait au Maïdan, dans la capitale, sa volonté de se tourner vers l’Europe et non vers l’Asie.

En tant qu’étudiant et citoyen européen, Anselmo a compris que le peuple ukrainien a besoin de soutien de l’Europe sur son chemin vers un Etat indépendant et non soumis à la Russie. En tant que pacifiste, il montre sa solidarité avec les victimes innocentes de cette guerre.

Il invite toute personne intéressée à le rejoindre pour quelques jours de marche pour la paix dans un paysage magnifique. Tous ceux qui veulent le soutenir dans son enterprise peuvent faire un don au profit de victimes de cette guerre en Ukraine et que nous soutenons à refaire leur vie.

Ce don peut se faire par virement sur le compte IBAN LU28 0099 7800 0064 0276 (CCRALULL) avec la mention : marche pour la paix Anselmo Malvetti

Vous pouvez suivre la marche d’Anselmo en vous connectant sur Instagram @eefalt.photography ou bien sur Facebook  @eefaltontour

Pour mieux connaître la motivation d’Anselmo pour faire cette action de solidarité, vous pouvez lire son interview au Tageblatt du 19 juillet.

Tageblatt 19_07_2019

 

Médias / Interviews

Graffiti émission pour jeunes à radio ARA : Le Musée Guerre et Paix (Novion-Porcien) ; Marche pour la paix d’Anselmo Malvetti

Le 17 juillet 2019, lors de l’émission Graffiti sur les ondes de radio ARA, Max Bartholmé et Anselmo Malvetti, un étudiant actuel et un ex-étudiant du Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette et tous les deux membres de notre association, ont raconté ce qu’ils ont retenu de leur visite le 6 juillet au Musée Guerre et Paix à Novion-Porcien, près de Sedan dans les Ardennes françaises. Dans la deuxième partie de l’émission, Anselmo a expliqué son projet de marcher cet été, depuis le Lac Léman jusqu’à la Méditerranée, au profit des victimes de la guerre dans l’est de l’Ukraine. La technique était assurée par Adrien Ries, la modération par Claude Pantaleoni.

Cliquez ici pour lire le contenu de l’émission.
 

Ce qui a le plus marqué Max et Anselmo, c’est le côté didactique clair et facilement compréhensible de la visite guidée. On y explique bien pourquoi et comment sont liées entre elles les trois grandes guerres de 1870, de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945. Les différentes étapes du parcours à l’intérieur du musée montrent les acteurs principaux qui mènent à la guerre. Et surtout, comment les soldats meurent pour des causes nationales et nationalistes qui leur sont dictées ou qu’ils sont forcés de défendre jusqu’à la mort. Pour les trois guerres, le musée se focalise avant tout sur les nations française et allemande comme ennemis principaux. Mais c’est aussi, parce que le musée veut montrer combien les populations des Ardennes françaises ont souffert pendant ces trois guerres.

Les jeunes insistent sur le fait que le musée montre bien les changements dans l’art de mener la guerre qui se développent en Europe dans l’arc de soixante-dix ans (entre 1870 et 1945) : c’est le cas pour les changements des uniformes, les innovations des armes, l’importance des déplacements motorisés, la propagande et la fabrication industrielle des armes.

À chaque fois, les frustrations des vaincus amèneront ces derniers à chercher vengeance et à récupérer des territoires perdus dans la guerre précédente. La visite du musée aide à comprendre le lien entre ces trois conflits majeurs de notre Grande Région.

Dans la dernière partie de l’émission, Anselmo Malvetti explique son projet de marcher pour la paix de fin juillet à fin août 2019. Ayant découvert récemment le plaisir de photographier de beaux paysages et de sentir une liberté personnelle en marchant dans les montagnes, il veut joindre l’agréable à l’utile. C’est pourquoi, il veut marcher à partir du Lac Léman jusqu’au bord de la Méditerranée. Il veut montrer aussi qu’il y a des jeunes qui ne le peuvent pas, parce que leur pays est en guerre ou est occupé militairement, comme c’est le cas en Ukraine de l’est. Les meilleures photos qu’il rapportera de cette marche pour la paix serviront pour faire un calendrier qui sera vendu en fin d’année au profit des victimes de la guerre dans l’Ukraine de l’est. Chacun peut suivre Anselmo sur son parcours en se connectant sur Instagram (eefalt@photography) ou sur Facebook (@eefaltontour).

 

 

Sorties

Visite du Musée Guerre et Paix en Ardennes

Le 6 juillet 2019 le comité de l’association « Pour la Paix et contre la Guerre » a organisé une sortie culturelle pour visiter le musée Guerre et Paix à Novion-Porcien, dans les Ardennes françaises. De 10 heures à midi, les vingt membres du groupe ont suivi les explications de M. Alfred Umhey qui nous a fait connaître, dans les grandes lignes, les déroulements des trois grandes guerres qui ont marqué les Ardennes et aussi notre Grande Région : la guerre de 1870, la 1ère Guerre Mondiale et la Seconde Guerre Mondiale. À chaque fois le guide, de façon très compétente, a expliqué les causes importantes qui ont mené à la guerre entre les Français et les Allemands. Il s’agissait aussi de comprendre que les résultats de la Guerre de 1870 ont été la cause principale de la 1ère et ensuite de la 2ème Guerre Mondiale.

Le groupe devant l’entrée du musée

 

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Cliquez ici pour lire le compte-rendu détaillé de la visite à Novion-Porcien (F)

Vingt membres de notre association se sont rendus à Novion-Porcien dans les Ardennes françaises, où le Musée Guerre et Paix a ouvert ses portes en 2018.
En soixante-quinze ans, cette région a été le théâtre de trois conflits majeurs qui ont ensanglanté ces terres. Les causes et les conséquences de ces trois conflits sont liées et ont des répercussions sur l’histoire et la vie des hommes de nos régions jusqu’à aujourd’hui.
Selon la volonté de leurs concepteurs, le musée Guerre et Paix en Ardennes a comme vocation pédagogique de remémorer les faits militaires et sociaux liés aux trois guerres, surtout et aussi auprès des jeunes générations.

La Guerre de 1870

Le guide a pris tout son temps pour nous faire connaître la situation de l’Europe au 19ème siècle, et plus spécialement les années qui ont mené à la guerre de 1870. Ce sont Napoléon III, Guillaume Ier de Prusse et son chancelier Otto von Bismarck qui seront les figures-clés qui vont finalement préparer le conflit militaire de 1870. Pour Bismarck l’entrée en guerre est le chemin idéal pour amener les États allemands à s’unifier contre un ennemi commun : la France impériale. Le Musée apporte beaucoup d’éléments historiques pour se faire une idée des causes concrètes qui ont mené à cette guerre ; à côté des faiblesses et ruses humaines, il y a le développement technique du matériel de guerre qui joue un rôle de plus en plus important.
Finalement c’est la défaite de Napoléon III, (il est capturé à Sedan le 2 septembre 1870) qui conduit à la chute du Second empire et à l’unification des États allemands.

 

 

La 1ère Guerre Mondiale

La 1ère Guerre Mondiale débute sur le front de l’Ouest par une attaque et une avancée massives des forces allemandes qui occupent la Belgique. L’avancée allemande en France se poursuit jusqu’à Meaux (5 sept. 1914), non loin de Paris. Les forces françaises contre-attaquent jusqu’à ce que le front se stabilise à partir du 1er novembre 1914. Des deux côtés les victimes sont nombreuses ; la journée plus noire pour les Français sera le 22 août où plus de 27.000 soldats sont tués, près de la Marne, en une journée, ce qui en fait la journée la plus noire de l’histoire de France. Ce même jour quelque 30.000 soldats français sont aussi faits prisonniers.
En général, on constate une augmentation des effectifs matériels des deux côtés. Mais il y a surtout les armements nouveaux qui font de grands progrès : les fusils sont plus performants, la mitrailleuse fait son apparition et la généralisation des armes automatiques commence. Devant ces murs de feu, les soldats décident de s’enterrer. C’est la guerre des tranchées qui s’installe et permet de survivre mais aussi de ne plus avancer, ni d’un côté ni de l’autre. Il s’en suit un changement radical dans la tactique de faire la guerre. C’est l’homme-baïonnette que l’on retrouve des deux côtés des lignes. Et on construit de plus en plus de canons, toujours plus lourds, pour tirer sur et au-delà des tranchées. Le développement du moteur à explosion conduit la France à produire des camions en masse, ce qui va permettre aux soldats français de se déplacer assez vite sur le front. L’aviation française va devenir la première au monde, en qualité et en nombre. Finalement il y a le char (inventé d’abord par les Britanniques) qui sera également produit en masse et qui donnera aux Français et aux alliés un avantage indiscutable. Tous ces avantages feront que l’armée française, grâce aussi au débarquement en 1917 des unités américaines fraîches et motivées, vaincra l’Allemagne.
Le musée montre aussi, par de nombreux documents, la vie très dure des populations locales ardennaises sous l’occupation allemande.

La 2ème Guerre Mondiale

Enfin, la plus grande partie du musée est réservée à la 2ème Guerre Mondiale, surtout pour présenter la variété et le nombre important des nouveaux armements (chars, jeep, motos, avions etc.) qui nécessitent plus de place d’exposition.
Soixante-dix ans après Sedan, les Ardennes françaises sont de nouveau au centre des opérations militaires qui vont entraîner, dans un premier temps, l’effondrement de la France. Cette France qui, de son côté, n’a jamais accepté l’humiliation et la défaite de 1918 (pertes de territoires de l’Alsace et du département de la Moselle, grosses sommes d’argent à payer à l’Allemagne victorieuse). Le jour noir, pour elle, est le 14 mai 1940 où, à Sedan, la masse des blindés allemands réussit à percer sur la Meuse (après avoir contourné la Ligne Maginot) et à s’élancer vers la Manche pour encercler les troupes françaises. Le musée s’arrête longuement sur cette page de l’histoire noire des Ardennes durant la 2ème Guerre Mondiale.

Les Allemands ont pu vaincre assez rapidement les troupes françaises grâce au développement dans l’armée allemande d’une bonne orchestration entre tankistes, fantassins motorisés, artilleurs et sapeurs connectés par radio à l’aviation. De plus les Français pensaient (et ils se sont trompés) que les Allemands prendraient beaucoup de temps (environ quinze jours) à traverser les Ardennes.
Le musée montre aussi que les souffrances de la population française augmentent de jour en jour sous l’occupation allemande. La France est systématiquement exploitée par les Allemands qui réquisitionnent l’appareil productif et la main-d’œuvre pour participer à l’effort de guerre allemand. Finalement, ne pouvant supporter les attaques des Alliés à l’Ouest et des Soviétiques à l’est, les troupes allemandes commenceront à reculer sur les deux fronts à partir de 1944. Les forces alliées, dont fait partie la France libre sous le Général de Gaulle, vont faire reculer le front allemand jusqu’à la défaite de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945 qui marque la fin de la guerre en Europe.

Atelier créatif sur la Paix et la Guerre

Après cette longue visite guidée qui a duré plus de deux heures, tout le groupe s’est retrouvé dans un parc pour pique-niquer à midi. Vers 14 heures nous étions invités de nouveau à l’intérieur du musée pour des explications sur des affiches de propagande de la 1ère Guerre Mondiale. Après cela, chacun a été invité à développer avec un voisin une affiche promouvant le thème de la paix. Le musée a mis, pour cela, à disposition des outils (ciseaux, colle, règles, feutres, coloris), des logos et des écritures. Cela a aidé à créer une affiche personnalisée sur le thème de la paix et de la guerre.
Avant de quitter le musée, chacun a pu s’acheter un souvenir ou de la littérature récente sur des sujets des guerres que le musée présente. La cafétéria a invité à un rafraîchissement avant notre départ en voiture pour Sedan. Ici, le groupe a fait une promenade à pied jusqu’en face du château fort de la ville. La journée s’est clôturée par un verre de l’amitié, offert par le comité, sur la terrasse d’un café de la rue piétonne, avant le retour à la maison.

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Actions de soutien

Action d’aide aux victimes de guerre

Vente de gâteaux au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette (L)

Sensibiliser les jeunes et les moins jeunes par la vente de gâteaux au profit de familles et de personnes victimes de la guerre en Ukraine de l’est. C’est ce qui s’est fait au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette du lundi 13 mai jusqu’au vendredi 24 mai.
Des élèves de ce lycée ont fait preuve d’esprit de solidarité en apportant leurs gâteaux faits maison qui ont été vendus pendant les pauses à leurs co-lycéens.
Cette action de soutien et d’aide a rapporté la somme de 430€.
Un grand merci va à tous ceux qui ont organisé et rendu possible cette aide !

 

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Médias / Interviews

Une nouvelle guerre est-elle possible en Europe ?

Robert Goebbels, membre du parti ouvrier socialiste luxembourgeois, ancien ministre luxembourgeois et membre du Parlement Européen pendant 15 ans, a été l’invité de l’émission « Graffiti » du 23 mai 2019 sur Radio ARA. L’interview a été menée par Charel Schmitz, étudiant au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette. L’étudiant Bob Wagener assurait la partie technique. Les deux étudiants sont également membres de notre association qui œuvre pour la Paix et contre la guerre en Europe. L’invitation de l’homme politique faisait suite à deux articles qu’il avait publiés au Tageblatt en 2018 et 2019, où il prévoit un futur politique difficile pour le vivre ensemble des Européens. Il y explique aussi les différents problèmes politiques et sociétaux qui peuvent mener à une nouvelle guerre en Europe et/ou à un nouveau conflit mondial.

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Pour Robert Goebbels il est aujourd’hui improbable que les nations qui font partie de l’Union européenne se fassent la guerre. Cette Union est le fruit des efforts entrepris après la 2ème Guerre Mondiale pour former un projet de paix européen. C’est un acquis à défendre et à préserver. Mais, selon l’ancien eurodéputé, des questions importantes comme les finances où l’entrée en guerre d’un pays de l’Union restent du ressort des différents États. L’UE n’a pas d’emprise sur ces registres importants. En outre, toute paix ne peut se faire en Europe qu’avec l’accord et la collaboration du Parlement européen, au sein duquel les grandes familles politiques doivent s’accorder.

M. Goebbels répète à plusieurs reprises durant l’interview qu’il constate aujourd’hui des situations analogues aux temps avant les deux Guerres Mondiales, surtout avant la Première. Comme lors du meurtre du prince-héritier d’Autriche-Hongrie en 1914, il estime qu’un accident de ce genre reste possible et qu’il peut déclencher un nouveau conflit. Par contre, une agression militaire d’un pays européen envers un autre est exclue d’après lui.

Europe déchirée à l’est

Interrogé sur la signification d’une phrase d’un de ses deux articles « la 1ère Guerre Mondiale n’est pas encore gagnée », M. Goebbels explique qu’il veut dire par làque l’humanité n’a jusqu’à présent pas établi une vraie paix sur cette terre. Aussi voit-il « renaître » l’ancien antagonisme qui opposait le bloc soviétique et le monde occidental, alors qu’avec la chute du Mur de Berlin le monde occidental croyait que c’en était fini avec cette déchirure qui divisait l’Europe en deux camps adverses. C’est le cas de la Pologne et de la Hongrie qui privilégient leurs propres intérêts économiques et purement nationalistes (profiter p.ex. de la manne pécuniaire de l’UE) au détriment d’une politique solidaire et sociale au sein de l’Union européenne. C’est pour M. Goebbels le retour à une situation du 19e siècle où les Etats-nations se confrontaient. Le cas le plus alarmant est cependant celui du Royaume-Uni qui a décidé de quitter l’UE avec le Brexit. M. Goebbels voit dans cette UE le seul rempart contre les « lois » qu’aimeraient dicter aux peuples européens les géants économiques comme Google, Microsoft, etc. Seule l’UE serait capable d’exiger et d’imposer des règles de bonne conduite. L’invité marque donc son désaccord avec tous les partis politiques qui voudraient une Europe des nations et des nationalismes. Cette Europe mènerait vers de nouvelles guerres, comme l’avait bien dit François Mitterrand, l’ancien président français. Donner tout le pouvoir à un Salvini ou à un Orban n’est pas la voie à suivre. L’Europe doit pouvoir parler d’une seule voix, aussi en ce qui concerne les nouvelles migrations et les réfugiés des guerres qui doivent pouvoir bénéficier de nos solidarités européennes. Pendant les années qui ont suivi la 2ème Guerre Mondiale, l’Europa a réussi à intégrer vingt-cinq millions d’immigrants. Pourquoi ne réussirait-elle pas aujourd’hui à en intégrer un million ?

Désintérêt démocratique – nouvelle guerre

Une autre menace pour la paix en Europe, M. Goebbels la voit dans le désintérêt de beaucoup d’Européens pour aller voter et prendre position sur les questions qui les concernent. Un tiers des Britanniques n’a pas voté lors du Brexit, ce qui n’est pas une bonne évolution pour la démocratie en Europe. Mais ce désintérêt de beaucoup d’Européens est aussi le résultat d’hommes et de femmes politiques qui ne savent pas parler aux électeurs et électrices de ce qui les concerne.

Interrogé sur les occupations de territoires de la Russie de Putin en Géorgie, Moldavie et l’Ukraine, M. Goebbels estime que c’est un réflexe de défense de ce pays autocrate devant l’avancée de l’Otan dans les pays de l’est de l’Europe.

En définitive, la paix ne peut se maintenir en Europe que s’il y a respect des libertés des uns envers les autres. L’acquisition de toujours plus d’armes en Europe n’est pas une bonne chose, car cela peut mener à des conflits militaires. S’il doit y avoir une 3ème Guerre Mondiale, elle se jouera pour M. Goebbels ou bien dans le cyberspace ou bien dans l’espace (guerre entre satellites) ou sur le fond des mers avec la destruction des fibres qui véhiculent toutes les informations qui font tourner nos économies. Ce serait alors la fin de notre civilisation.

Assemblée générale

Compte-rendu de la deuxième Assemblée générale

La deuxième Assemblée générale de l’asbl « Pour la Paix et contre la Guerre » a eu lieu samedi 27 avril 2019 de 16h15 à 17h30 à l’Annexe de la mairie de Crusnes (F-54680).
Etaient présents le comité et quatre membres. Quatre membres s’étaient excusés.

Le président a fait un rapport détaillé des différentes activités que le comité de l’asbl a organisé entre le 1er avril et le 31 décembre 2018. Toutes étaient en lien avec les trois objectifs de l’asbl, à savoir l’aide aux victimes de la guerre dans l’est de l’Ukraine, la pratique et l’apprentissage d’une culture de la paix auprès de jeunes (sorties culturelles) et l’invitation de spécialistes sur des questions de guerre et de paix actuelles.

Le trésorier a présenté ensuite la situation financière de l’asbl. Celle-ci a été confirmée par M. Patrice Picard, réviseur de caisse, qui a contrôlé les comptes.

La vice-présidente a expliqué en détail comment s’est fait le transfert des dons vers les victimes de la guerre dans l’est de l’Ukraine, aussi bien pour des victimes dans les territoires occupés que pour des victimes qui se sont réfugiés en Ukraine libre. Elle a aussi expliqué comment l’asbl entend continuer à soutenir certaines victimes de la guerre pendant l’année prochaine.

Sous la rubrique divers, un de nos membres-étudiants a présenté un projet de promotion de notre asbl sur instagram pendant son trekking qu’il entreprendra de fin juillet à fin août, en partant des Alpes françaises jusqu’à la Méditerranée.
Notre comité a aussi proposé une prochaine sortie avec les jeunes membres dans les Ardennes françaises où ont eu lieu des combats importants des trois grandes guerres de 1870-71, 1914-18 et 1939-45.

La deuxième assemblée générale s’est conclue par un verre de l’amitié.

Actions de soutien

Présentation de l’asbl au concert du groupe « Chlorophyl »

Le vendredi soir 26 avril, au Aalt Stadhaus de Differdange, Madame Nathalie Morettoni a organisé avec son groupe « Chlorophyl » un concert musical pour la promotion et le lancement de leur premier CD. Les auditeurs, venus nombreux, ont pu apprécier les chansons, nouvelles et anciennes, du groupe.
A la fin du concert, Madame Morettoni avait prévu de donner la parole à notre asbl pour la présenter au public. Le président et la vice-présidente ont expliqué brièvement les trois objectifs que poursuit notre association en les illustrant à chaque fois par des cas concrets.


Plusieurs personnes ont fait à la fin de la séance un don pour les victimes de la guerre dans l’est ukrainien.

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Sorties

Documentaire « Crimea as it was »

Le mercredi 27 mars, nous sommes allés voir, avec quelques jeunes membres de notre association, la projection du documentaire ukrainien « Crimea as it was ».
C’est l’asbl LUkraine qui avait invité au Cinéma Utopia à Luxembourg-ville à l’occasion de la commémoration du cinquième anniversaire de l’annexion de la Crimée.

Ce film documentaire regroupe surtout des interviews avec des responsables militaires et des soldats de l’air et de la marine ukrainiens qui ont réussi à fuir la péninsule et qui n’ont pas accepté l’enrôlement dans les forces militaires russes pendant l’annexion entre février et avril 2014. A plusieurs reprises le film cherche à expliquer la désertion de nombreux militaires ukrainiens qui sont passés du côté des forces russes ; pour beaucoup d’entre eux c’était la volonté de rester avec la famille qui vit en Crimée, un meilleur salaire ou le manque d’attachement à la nation ukrainienne qui était déterminant.

Le documentaire est surtout un assemblage d’enregistrements à partir de portables, réalisés par des particuliers et des soldats ukrainiens lors de la prise de pouvoir par les « hommes verts » venus de Russie. On y voit aussi des scènes où les deux camps s’affrontent dans les rues ou devant des casernes ukrainiennes.
On remarque bien que la prise de la péninsule était possible parce qu’à Kyiv le pouvoir était vacant, suite à la fuite du président Ianoukovitch en Russie. Le pouvoir politique et militaire ukrainien était quasiment absent, d’où la facilité pour les troupes spéciales russes à mettre la main sur tous les lieux stratégiques de la Crimée.
La désinformation auprès de la population a fait le reste : les nouveaux occupants prétendaient, aussi à travers les médias qu’ils ont vite occupés, être venus pour chasser les fascistes qui s’installaient dans la capitale et pour les empêcher de prendre le contrôle de la péninsule.
Le documentaire évoque presqu’exclusivement les faits qui ont eu lieu entre février et avril 2014, même si la plupart des interviews ont été réalisées plus tard.

A la fin de la projection, le président de l’association LUkraine, M. Nicolas Zharov, remercia la cinquantaine de visiteurs pour s’être déplacés en semaine et laissa le premier secrétaire de l’ambassade ukrainienne à Bruxelles, M. Yehor Pyvovarov, faire le point sur la situation actuelle. Celui-ci rappela que la diplomatie ukrainienne continue de réclamer justice, surtout et aussi au niveau de l’Assemblée des Nations Unies, pour ce qui s’est passé. Le seul mérite de cette agression de la Russie réside, pour ce diplomate, dans le fait que les Ukrainiens savent maintenant que leurs voisins russes ne respectent pas les accords conclus dans le passé et que leurs vraies motivations à s’emparer de territoires qui ne leur appartiennent pas, sont plus que claires.

Enfin, M. Zharov fit projeter une affiche montrant tous les citoyens ukrainiens injustement emprisonnés actuellement sur le territoire de la Crimée et de la Fédération russe pour leurs luttes pour le respect des droits de l’Homme. Les visiteurs furent invités à leur écrire une lettre, l’asbl LUkraine se chargeant (le contact se faisant par contact@ukrainiens.lu) de faire la traduction en russe le cas échéant.

Actions de soutien, Concerts

Concert de Printemps en l’église N.D. de Villerupt (F) au profit d’un projet musical à Avdiivka (UA)

Le dimanche 24 mars avait lieu à 15h30 le Concert de Printemps en l’église Notre-Dame de Villerupt (F) organisé par notre comité. Il était au profit d’un projet musical pour jeunes à Avdiivka, ville située sur le front de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, à quelques dizaines de kilomètres de Donetsk.

Claude Pantaleoni, le président de l’asbl « Ad Pacem » remercia les dix chanteurs de l’ensemble vocal « Cantate » de Longwy (F), leur président Christian Rodange et leur dirigeante Marie-Paule Baumgartner-Sendron pour avoir permis la réalisation de ce Concert de Printemps en l’église Notre Dame de Villerupt.


Les visiteurs pouvaient écouter à l’orgue Daniel et Laura Pantaleoni ainsi que leur professeur Marie-Paule Sendron.
Au milieu du concert, le président et la vice-présidente de l’association présentèrent leurs hôtes Oleksiy Savkevich et sa fille Mariika qui étaient venus de la ville d’Avdiivka tout près du front de guerre dans l’Ukraine de l’est.
Il décrivit les années difficiles de la guerre en 2015 et en 2017. Aujourd’hui, une grande partie des gens sont retournés dans cette ville d’Avdiivka, mais ils entendent encore quotidiennement les bombardements qui se déroulent à environ quatre ou cinq kilomètres de la ville. Ensuite, il présenta le Festival d’Art et de Musique qui a eu lieu pour la première fois en 2018 à Avdiivka. Et il expliqua sa volonté de créer, ensemble avec des amis, un espace musical pour jeunes dans un local que la commune leur a mis à disposition.

Oleksiy Savkevich à la guitare et sa fille Mariika au violon jouèrent ensuite deux morceaux de leur répertoire.
Dans la deuxième moitié du Concert l’ensemble vocal « Cantate » fit entendre ses chants magnifiques. Une fois terminé, des enfants présents offrirent à chaque chanteuse et chanteur une rose et le président offrit un bouquet de roses à la dirigeante Marie-Paule Sendron pour la remercier.
Les auditeurs furent invités à faire un don à la sortie du concert pour financer le projet musical à Avdiivka.
Le président invita ensuite tous au verre d’amitié et à goûter les gâteaux faits maison que le comité de l’association offrit au fond de l’église.
La collecte des dons de ce Concert a donné la belle somme de quatre-cent soixante-dix euros. Cet argent servira à acheter des instruments musicaux pour l’ensemble musical des jeunes à Avdiivka.

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Actions de soutien

Projet musical présenté en l’église de Bascharage (L)

Le samedi 23 mars notre comité participa à 18h30, avec nos invités Oleksij Savkevich et sa fille Mariika, à l’office religieux en l’église St Willebrord de Bascharage.

Avant l’homélie, notre comité pût informer l’assemblée des objectifs de notre association et présenter, avec notre hôte Oleksij Savkevich, du projet musical que nous soutenons dans la ville ukrainienne d’Avdiivka qui se trouve sur le front de guerre entre l’Ukraine et la Russie.
Une fois la messe terminée, les paroissiens furent invités à rester pour écouter le témoignage de Olekskij Savkevich où il raconta les années sombres et très difficiles de la guerre vécue dans sa ville. Presque toute la population avait fui les bombardements en 2015 et 2017. Ce n’est que depuis une année que les gens reviennent, le front s’étant déplacé à quelques kilomètres en dehors de la ville.
Les jeunes de cette ville ayant peu de possibilités culturelles de se retrouver, Olekskij Savkevich a eu l’idée, avec des amis, d’organiser un premier Festival d’Art et de Musique en mai 2018. La deuxième édition aura lieu début mai 2019.

En accord avec Romain Gillen, le curé de la paroisse, la collecte faite pendant la messe était destinée à cofinancer ce projet musical. Elle a donné à la belle somme de 950€. Un grand merci va à tous ces paroissiens qui ont fait un don.

Rencontres et témoignages

Au contact avec des élèves du LGE

Notre invité Oleksij SAVKEVICH, en compagnie de sa fille Maria, a visité le 21 mars trois classes du Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette (LGE) où il a expliqué comment sa famille a fui en 2015 les bombardements des pro-russes sur la ville d’Avdiivka et comment ils ont lentement réintégré leur habitation à partir de 2016. Aujourd’hui, la ligne de front se trouve à environ 5 km à l’est de la ville mais les bombardements quotidiens sont toujours audibles.


M. Savkevich a ensuite expliqué aux élèves comment il a organisé avec des amis qui sont actifs dans le domaine du théâtre, de la danse, de la peinture, de la musique et de l’art un premier Festival qui s’est tenu début mai 2018. Un millier de visiteurs sont venus pendant toute une journée avec en arrière-fond le bruit des canons. Cette année ce festival aura de nouveau lieu.
Dans sa petite tournée au Luxembourg et en Lorraine, il aura aussi la possibilité de récolter quelques fonds pour acheter les instruments et l’équipement nécessaire pour mettre sur pied un groupe musical pour des jeunes qui voudraient sortir de la logique et de la quotidienneté de la guerre.

 

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Actions de soutien

Aide spontanée à des personnes souffrant de l’hiver et de l’occupation

La dernière semaine de février 2019 notre comité a organisé une aide destinée à quelques personnes souffrant du froid et de l’hiver dans la ville de Donetsk occupée par les séparatistes pro-russes.
Un ami rentrant d’ici dans l’est de l’Ukraine était prêt à porter les habits et chaussures en très bon état à quelques familles qui en avaient grand besoin dans cette ville. Leurs salaires, quand ils en touchent, sont si bas (entre 50 et 100€/mois) qu’ils ne suffisent plus pour vivre, puisque tout y est très cher et de mauvaise qualité.
Ce sont des membres de notre association ainsi que la Croix-Rouge de Villerupt (F) qui ont fait don de manteaux, vêtements et chaussures pour hommes, femmes et enfant.
La première semaine de mars, tout a pu être remis à ces nécessiteux.

 

Concerts

Concert de printemps

Programme:

1ère partie : orgue et violon

 

Liebster Jesu de J.G. Walther  (Daniel Pantaleoni)

Ach Gott und Herr de J.G. Walther  (Laura Pantaleoni)

2è récit de Cornet du 1er ton (Laura Pantaleoni)

Basse de tierce du 1er ton   de Lambert Chaumont (Laura Pantaleoni)

Récit de Louis Marchand (M.-P. Baumgartner-Sendron)

Chant de paix de Jean Langlais  (M.-P. Baumgartner-Sendron)

Greenleeves à 4 mains

– Temoignage de Oleksij Savkevich «la vie in Avdiivka sur la ligne de front » et présentation de projet de création d’un espace musical pour les jeunes in Avdiivka(Ukraine)

Concerto pour Une Voix (Saint-Preux) (Mariia Savkevich)

Miroslav Skoryk. Melodie in la-minor (Mariia Savkevich)

 

2è partie : Cantate

 

Quando l’alba in Oriente – Monteverdi

Laudate Dominum – Henri Dumont

Omnes Gentes – André Campra

Cantate Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen – BWV 12 (extraits) – J.S. Bach

Gloria (extraits) – Vivaldi

La vache égarée – François Auguste Gevaert

L’Avertimento – Raynaldo Hahn

Médias / Interviews

Invitée à l’émission jeunes de radio ARA

Le 14 mars de 16 à 17h a été diffusée sur radio ARA une émission qui avait comme invitée Madame Olena Styazhkina historiene et écrivainne ukrainienne qui a fui la guerre dans l’est de son pays. Elle a été interviewée à l’occasion par Charel Schmitz et Bob Wagner, élèves du Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette (L).

Madame Styazhkina a répondu à leurs questions qui portaient sur son enfance lorsque l’Ukraine faisait partie de l’Union soviétique et sur les souvenirs nostalgiques de cette époque dans son pays. Comment a-t-elle vécu l’indépendance du pays au début des années 1990, qu’est-ce qui a changé entre-temps ? Ils ont aussi voulu savoir ce qui différencie l’Ukraine de la Russie.

Mais c’est surtout le pourquoi de la guerre dans l’est du pays d’où Madame Styazhkina est originaire qui a intéressé les jeunes, de même que la question de savoir comment la population et les réfugiés internes vivent cette guerre au jour le jour. Une autre problématique soulevée lors de l’interview a été celle du rôle de l’enseignement de l’histoire en Ukraine après l’indépendance. Afin de compléter davantage ce propos, les élèves ont fait écouter au cours de l’émission une interview préenregistrée avec l’historien luxembourgeois Denis Scuto, qui demande à l’historienne Styazhkina quelle histoire est aujourd’hui enseignée en Ukraine, pays-tampon entre la Russie et l’Union européenne.

Rencontres et témoignages

Rencontre et témoignage à Villerupt (F)

Le dimanche 3 mars à 16h, une trentaine de paroissiens de St Pierre et St Paul de l’Alzette se sont retrouvés dans la Maison paroissiale de Villerupt-Cantebonne pour rencontrer et écouter le témoignage de notre invitée Madame Olena Styazhkina, historienne et écrivaine ukrainienne.

Olena a raconté comment elle a vécu l’occupation russe à Donezk, sa ville natale, et comment et pourquoi elle s’est décidée de fuir et d’aller habiter à Kiew.
Dans son récit, elle a essayé de raconter les faits historiques et de montrer comment le Mal et le Bien sont en lutte dans son pays et de démontrer comment la guerre est la concrétisation du Mal qui traverse l’histoire des hommes. La guerre est la cause de beaucoup de malheurs pour les hommes, les femmes et les familles qui se retrouvent sous les bombes et l’occupation. Olena a cherché de (faire) comprendre pourquoi l’Ukraine reste plutôt absente que présente dans le contexte européen. C’est surtout la période pluricentenaire sous les empires russes et soviétiques qui ont rendu l’Ukraine « invisible » comme pays indépendant. Les médias jouent évidemment leur rôle de (non)transmission dans ce contexte.
De nombreuses questions portaient sur le fait que la guerre du Donbass reste inconnue ici en France, que les médias n’en parlent pas, que la responsabilité de la Russie n’est pas claire et mal connue. Plusieurs personnes ont tiré des parallèles avec l’occupation allemande de la France lors de la Deuxième Guerre Mondiale et la façon dont les Français l’ont subie.
Après une heure et demie de témoignage et de réponses aux nombreuses questions posées autour du conflit tous ont été invités à partager un verre d’amitié et des gâteaux offerts par notre asbl.

Soirées littéraires

Soirée littéraire à la libraire Diderich

Le vendredi 1er mars 2019, à la librairie Diderich d’Esch-sur-Alzette, l’historienne et écrivaine ukrainienne Madame Olena Styazhkina a lu et commenté des extraits de son roman « Dans la langue de Dieu » paru dans l`«Anthologie du Donbass» ( traduit par Iryna Dmytrychyn) 2018, éditions L’Harmattan

La soirée débuta à 19 h. avec une morceau de Prokofieff, un compositeur ukrainien, joué au piano par Daniel Pantaleoni. Ce compositeur était originaire de la région du Donbass qui se trouve aujourd’hui en guerre et à laquelle était dédiée cette soirée littéraire.
Madame Olena Styazhkina est originaire de Donetsk et vit actuellement à Kiev. Elle est une refugiée interne. Elle s’est présentée en expliquant qu’elle a de la peine à croire que cela fait déjà plus de cinq ans que la guerre se déroule dans le Donbass ukrainien. C’est inconcevable pour elle que les tanks russes soient (encore) dans les rues et tirent sur les maisons, de même qu’il lui est inconcevable que des hommes viennent pour tuer d’autres d’hommes. En 2014, les amis d’Olena lui disaient que le problème c’était surtout que les Russes venaient dans le Donbass pour les tuer alors qu’eux les Ukrainiens ne voulaient pas tuer les Russes.

Tuer l’autre…

À partir de cette guerre, toute une littérature est née. Ainsi en 2018 une centaine de livres traitant du sujet de la guerre ont été publiés en Ukraine. Les questions traitées dans ces livres sont toujours les mêmes : quel est le prix de la liberté, quand finira cette guerre, mes proches seront-ils tués ? Les livres sont écrits soit en russe, soit en ukrainien. Alors que la question de la langue (russe ou ukrainien) n’est pas importante dans cette guerre, toute la littérature qui en résulte en est un fruit amer. Même s’il n’est pas certain qu’avec le temps cette littérature va trouver des lecteurs, elle fait désormais  partie de l’histoire ukrainienne.
Olena a ensuite lu un extrait de son livre « Dans la langue de Dieu » publié originairement en russe. Ce sont les éditeurs qui lui ont ensuite proposé de l’éditer aussi en langue ukrainienne pour que le roman prenne plus de valeur dans toute l’Ukraine.
Les héros de ce roman vivent pendant la première année de l’occupation. Ils ne sont ni ukrainiens ni russes. Ils vivent dans cette ville [quelle ville- laquelle?). L’un  des protagonistes arrive dans le but de tuer un autre personnage parce que depuis longtemps il désirait cela. Maintenant que la guerre est déclenchée, celle-ci lui permet de  passer à l’acte mais il réalise qu’il n’en est pas capable. C’est alors qu’il commence à parler et se demande qui est capable de tuer un autre homme. C’est là le sujet de cette histoire.
Olena a lu ensuite la première partie en ukrainien. Christian Welter, secrétaire de notre asbl, a lu la traduction française.

Après la traduction lue par Christian, Olena a décrit ses sentiments et le fait qu’elle soit toujours incrédule que cette histoire se déroule dans sa ville natale.
Enfin, Olena a proposé de lire quelques pages de son journal intime « Pays. Guerre. Amour » qu’elle a écrit pendant les premières semaines de la guerre. La traduction française a été réalisée par Christian Welter.

***

Est-il possible de tomber amoureux à une heure rigoureusement établie ? Par exemple, samedi à dix-neuf heures vingt heure de Moscou ?

Auparavant je pensais que l’heure de naissance des enfants écrite sur les bracelets des hôpitaux était une quelconque formalité médicale. Puis une amie m’a dit que cela a une importance pour les horoscopes. L’heure et les minutes, et pas seulement le jour et le mois. L’extrême variabilité dérive de cela. Le destin d’un homme dépend de comment le Soleil se trouve ou ne se trouve pas dans les périgées et dans les apogées.

Pour devenir fou pour de bon il faut accoucher.

Les chiffres sur le bracelet sont l’heure qu’indique avec exactitude l’arrivée de l’amour.

 

Cela n’arrive probablement pas à tous. Mais il y en a beaucoup qui se rappellent, savent.

Tu prends le petit dans les bras, tu le regardes hâtivement dans les yeux… et tu te perds. Tu plonges. Sans opposer aucune résistance tu plonges dans un bonheur sans bornes.

Puis, après, surviennent toutes ces pensées d’adulte sur le fait que les enfants signifient engagement et une fatigue infinie, qu’ils ne grandissent pas comme nous voudrions, qui ne seront pas reconnaissants et qu’il vaut donc mieux même pas s’y attendre, qu’entre couches et désinfectants on peut ne pas s’apercevoir de comment la vie passe et la vieillesse s’approche furtivement, que tu n’auras en échange même pas un morceau de pain et un verre d’eau, que les fils sont des traîtres et, quand bien même ils aimeront quelqu’un de manière inconditionnée, ils aimeront seulement leurs fils, nos petits-enfants…

Puis, après… les prophéties se réaliseront presque toutes, les espérances non. Presque aucune. Puis tout ne sera plus si intense, si clair, si propre, comme en ce premier jour. Mais celui-là restera de toute manière avec toi.

« Ocytocine, il s’agit seulement d’hormones, – dit un de mes amis médecin. – Pour les hommes tout est différent ».

C’est un bien, que pour eux tout soit différent. C’est pour cela qu’ils deviennent fous en se croyant Napoléon et Batman.

Et pourtant ma folie des grandeurs actuelle a des dimensions encore plus amples.

Samedi à dix-neuf heures vingt-deux j’ai pris dans mes bras l’Ukraine. Un long accouchement, vingt-trois années. Elle aurait pu ne pas naître.

 

Je l’ai prise dans mes bras, je l’ai regardée hâtivement dans les yeux et je me suis perdue. Ma petite, mon trésor, ma pauvre, unique fille… Quel stupide bonheur, le mien. Quelle joie…

Désormais les couches, la fatigue et l’irritation sont déjà passés. Parfois elle se comporte mal. Mais si nous donnions à l’adoption tous les enfants qui n’obéissent pas et qui crient, quel motif nous reste-t-il pour vivre ?

 

Voilà pourquoi je lui fais un bisou sur la tête, j’en respire le parfum. Je l’aime. Parfois elle me permet même de dormir.

La patrie est fille. Non pas mère.

Quelque chose de ce genre…

 

Mourir pour la liberté

Ensuite le public avait la possibilité de poser des questions auxquelles Olena à essayé de répondre. Elle fut interrogée quant à son choix linguistique. Elle expliqua que pour ce qui concerne les textes scientifiques et journalistiques, elle est plus à l’aise en ukrainien tandis qu’elle préfère la langue russe pour son œuvre littéraire. Elle admit utiliser le russe avec un certain remords en ces temps de guerre mais elle insista sur le fait que la langue russe n’est pas coupable des atrocités de la guerre.
Dans les territoires occupés de l’est de l’Ukraine, on peut théoriquement utiliser la langue ukrainienne mais en pratique elle n’est pas parlée. La langue ukrainienne n’y est même plus enseignée dans les écoles publiques.

Les prochaines questions portaient sur les raisons de la guerre et les possibilités de résoudre le conflit. Olena expliqua que les russes se voient comme les héritiers des grands empires russes et soviétiques et veulent récupérer toutes les terres qu’ils considèrent perdues. Mais les Ukrainiens veulent être libres. Pour l’instant, Olena ne voit pas de médiateurs possibles. Elle souligna que le conflit n’est pas un conflit ethnique entre russes et ukrainiens.
Elle expliqua que les gens du Donbass qui se tournent vers la Russie le font dans l’espoir que la Russie leur donne une certaine aisance matérielle tandis que les personnes qui se tournent vers l’Europe espèrent pouvoir se développer elles-mêmes selon les valeurs européennes.
Après les échanges entre Olena et le public, Mme Anne Diderich et M. Philippe Boisserie, les propriétaires de la librairie, invitèrent tous à continuer la discussion autour d’un verre de l’amitié qu’ils ont généreusement offert. Le président de l’asbl M.Claude Pantaleoni remercia la maison Diderich, le public, Madame Olena Styazhkina et la traductrice de la soirée Natalya Pantaleoni et Mr. Christian Welter pour la lecture française et la traduction de l’extrait du journal intime effectuée par ses soins.

Conférences

Notre invitée au 19ème Salon du Livre et des cultures du Luxembourg – Olena Styazhkina

Samedi 2 mars 2019 à 15h30

Salon du livre et des cultures de Luxembourg

salle 2è étage

« Ukraine dans la guerre et l’occupation de 2014 à 2019. »
Conférence donnée par l’historienne et écrivaine Olena Styazhkina

Olena Styazhkina est née en 1968 à Donetsk. Elle est historienne, docteur en sciences historiques, professeur de l’Institut National d’Histoire de l’Académie Nationale des Sciences d’Ukraine (Kiev). Elle est auteur de deux ouvrages scientifiques :  Les femmes dans l’histoire de la culture ukrainienne, deuxième moitié du 20e S. (2003), L’Homme de la province soviétique (2013). En tant qu’écrivaine et nouvelliste, elle est auteur de dix ouvrages dont les derniers (Pays. Guerre. Amour, 2014; Dans le langage de Dieu, 2016; Rozka, 2018) traitent de thèmes de la guerre actuelle en Ukraine. Elle coordonne le “Mouvement pour la fin de l’occupation, la réintégration et l’instruction” dans les territoires occupés de l’Ukraine de l’est. Elle est membre du PEN-Club d’Ukraine.

Sorties

Exposition sur la grande famine «HOLODOMOR», organisée par l’association «Échanges Lorraine Ukraine»

L’association « Echanges Lorraine-Ukraine » (ELU) a organisé du 5 au 8 février 2019 une exposition au Cloître des Recollets à Metz pour informer sur la famine que Staline avait ordonné d’organiser en Ukraine et dans la région du Kouban dans les années 1932-33. Des membres de notre comité sont allés sur place pour connaître cette réalité historique largement méconnue dans notre région.

Bien que le chiffre exact des morts ne soit jamais connu, les historiens pensent qu’environ 7,5 millions d’Ukrainiens sont morts pendant ces deux années des suites de l’impossibilité de se nourrir. Cette famine, ordonnée par Staline et le gouvernement soviétique, avait pour but de venir à bout de la résistance que les petits paysans ukrainiens opposaient à la collectivisation forcée soviétique de leurs terres et avoirs.
Sur vingt-deux tableaux, qui relataient divers aspects du Holodomor, les visiteurs pouvaient se faire une idée de l’ampleur de cette catastrophe humaine.

L’exposition fut clôturée par un discours du vice-président de l’association ELU, M. Bogdan Horiszny, qui remercia les nombreux invités de s’être déplacés pour visiter l’exposition. L’adjointe au maire de Metz, Madame Nathalie De Oliveira, rappela que le Holodomor doit rester présent dans la mémoire des hommes mais qu’il ne faut pas oublier que le peuple ukrainien continue de souffrir aujourd’hui par l’occupation et la guerre dans le Donbass.

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Conférences

Le CCFD Terre Solidaire et ses Semeurs de Paix

L’équipe locale de Villerupt-Audun du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) invitait ses adhérents le dimanche 3 février 2019, de 14h30 à 17h au Centre Belardi à Cantebonne, à sa traditionnelle rencontre pour la Chandeleur.

Le comité de notre asbl « Pour la Paix et contre la Guerre » a décidé de se joindre à cet évènement parce que les populations sont affamées par les conflits armés là où ils sévissent. En Europe c’est le cas p.ex. en Ukraine de l’est dans les territoires occupés par les séparatistes pro-russes.
Madame Emma Tresse, animatrice de l’éducation à la Citoyenneté, interpella d’abord avec une vidéo sur l’engagement des équipes du CCFD en Afrique auprès des communautés musulmanes et chrétiennes pour les aider à se rencontrer et à se connaître. Le but de ces rencontres étant de prévenir des conflits futurs.
Au travers d’un jeu, toutes les personnes présentes pouvaient ensuite s’exprimer sur des solutions à prendre en cas de conflits déterminés.

Conflits armés – causes de la faim

Cette année, le CCFD a mis l’accent aussi sur les conflits armés comme causes de crises alimentaires.
Sur l’affiche de l’organisation on pouvait lire que « 60% de la population qui souffre de la faim vit dans des pays qui subissent des conflits armés. (…) soit 489 millions sur 821 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde ».
M. Roméo Pasquarelli de l’équipe locale remercia tous en rappelant que l’année 2018 la collecte pour le Carême a rapporté 1.267 € et le bénéfice des crêpes a été de 131€.
L’après-midi se termina en dégustant des crêpes faites maison accompagnés d’un café solidaire et équitable. L’argent est destiné à soutenir des projets du CCFD.

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Sorties

Visite du camp de concentration de Thil (F) et de la Mine de Tiercelet (F) lieu de fabrication des V1 (1944)

Le samedi 26 janvier 2019, le comité de notre asbl a visité à Thil, en France, à huit kilomètres d’Esch-sur-Alzette, avec douze élèves, membres de l’association, le site où se trouvait en 1943-44 un camp de concentration allemand.

Sur le chemin du Souvenir qui monte du parking à la Crypte, on peut voir des sculptures qui représentent l’homme martyrisé par la barbarie du camp. Dans la Crypte, le maire-adjoint, M. Gino Bertacco, nous expliqua les raisons pourquoi les Allemands avaient érigé en 1943 ce camp et pourquoi il a été abandonné en septembre 1944.
Ensuite, nous avons visité la Mine de Tiercelet (ouverte de 1885 à 1945) où le responsable, M. Daniel Pascolini, nous expliquait comment les détenus du camp venaient y travailler chaque jour ensemble avec des femmes prisonnières soviétiques. Tous les travaux étaient destinés à construire les pièces de la bombe V1.

Cliquez ici pour lire le compte-rendu détaillé de notre visite à Thil (F)

Sculptures et Crypte du Souvenir

À partir du parking à l’entrée du site, en écoutant les explications du maire-adjoint, nous sommes montés par le chemin du Souvenir jusqu’à la Crypte, qui recueille tout ce qui a été retrouvé prouvant l’existence du camp de concentration. Sur ce chemin des artistes ont placé, à partir des années soixante-dix du 20e siècle, des sculptures représentant la barbarie qui s’y est déroulée.
Devant la Crypte M. Bertacco et M. Morello nous ont expliqué comment ce camp fut construit, dès le début de l’année 1943, de façon à ce qu’il ne soit pas visible par les habitants vivant dans les alentours. Et comment les Allemands l’ont quitté rapidement lorsque les Américains approchaient sur Longwy en septembre 1944. Pendant l’occupation allemande, les habitants de Thil qui étaient de nationalité française s’étaient réfugiés en Gironde, alors que les habitants d’origine italienne étaient restés sur place. Beaucoup d’Italiens ont travaillé dans la Mine avec les prisonniers. Mais les habitations des Français ont été dérobées pendant leur absence. Quand ces gens revinrent de Gironde après la libération de Thil, ils montèrent au camp où ils arrachèrent et s’emparèrent de tout ce qui était en bois. Tout le bois a donc servi à la population civile pour se chauffer après la guerre. C’est la raison principale pour l’absence de toutes traces de l’existence de ce camp. Seuls deux poteaux de l’ancien portail qui ont été retrouvés se trouvent aujourd’hui à l’entrée de la petite esplanade devant la Crypte. C’est aussi ici que se trouve une sculpture impressionnante représentant un détenu, pris dans des barbelés, et tombant ou essayant de se relever. Elle est l’œuvre d’élèves du Lycée Jean Macé de Villerupt qui l’ont offert au site en 1978.

Les détenus qui mouraient dans le camp ou dans la mine étaient brûlés à l’air libre avec du pétrole devant l’entrée de la Mine sur des traverses de rail en bois. La ventilation du courant d’air venant de la Mine entretenait le feu. Mais comme l’odeur se sentait loin dans la ronde, le responsable nazi, le commandant Eugen Walter Büttner, demanda de les faire brûler sur des fagots de bois dans la colline au-dessus du camp. Une croix blanche derrière la Crypte indique le lieu où cela se passait. Mais comme l’odeur se sentait toujours dans les environs, le commandant y fit apporter un four qui servait à l’abattoir de la ville de Villerupt pour y brûler les restes des animaux. Il fut installé non loin du lieu où les corps avaient été brûlés auparavant. Mais comme la fin de la guerre approchait pour cette région, par l’avancée des Américains à l’ouest, seulement deux ou trois détenus y auraient été brûlés selon le maire-adjoint.

A l’intérieur de la Crypte, M. Bertacco nous montra sur une maquette comment le camp était disposé. Celui-ci a été reconstruit à partir de photos aériennes qui avaient été prises par les Alliés. D’un côté du camp vivaient les Allemands et de l’autre, alignés en files par deux, les huit baraquements contenant chacun une centaine de détenus. Leur nombre était contrôlé régulièrement chaque jour par la pierre que chaque prisonnier devait prendre le matin sur son chemin jusqu’à la mine de Tiercelet pour la déposer le soir, au retour, devant sa baraque. Dans la crypte un dessin fait par un détenu montre les détenus descendant vers la Mine avec leurs habits gris rayés de blanc et tenant une pierre. L’habit original d’un détenu que l’on peut voir à l’intérieur de la Crypte a été offert après la guerre par un Luxembourgeois qui avait été détenu au camp.

Fabriquer les bombes V1

Ces prisonniers du camp étaient surtout des ouvriers qualifiés : électriciens, machinistes, ajusteurs, tourneurs, fraiseurs etc. Ils étaient prévus pour l’aménagement de la mine pour y fabriquer les pièces pour les bombes allemandes V1. Quand un détenu mourait, le commandant SS du camp Büttner le fit remplacer par un détenu qui venait du camp de Natzweiler-Struthof en Alsace.

Pour visiter la mine où les prisonniers du camp de Thil et les prisonnières soviétiques du camp d’Errouville allaient travailler chaque jour, nous nous rendîmes en voiture dans la localité de Thil où se trouve l’entrée de la mine de Tiercelet. Ici c’était M. Daniel Pascolini, responsable pour la visite avec les bénévoles Alain Fioritti, Dominique Thénière et Brice Morello qui nous firent visiter la partie de la Mine ouverte au public.
A l’entrée deux plaques, une écrite en français l’autre en russe, remémorent les travaux forcés des femmes soviétiques prisonnières, mortes et ensevelies à l’intérieur de la mine.
C’étaient les détenus du camp de concentration de Thil qui descendaient chaque jour pour exécuter à l’intérieur les travaux forcés.
Munis de casques, les guides nous ont conduit à l’intérieur de la mine pour nous expliquer comment les travaux s’y faisaient. A plusieurs endroits, on peut voir des objets retrouvés au fond de la mine et qui témoignent de la présence des prisonniers, des prisonnières et des gardes SS (abréviation pour « Schutzstaffel » – escadron de protection) de la division TODT (un groupe de génie civil et militaire du Troisième Reich).
Au pied d’un grand éboulement, sur lequel se trouve une croix orthodoxe, M. Pascolini nous expliqua qu’à cet endroit vingt-sept femmes soviétiques ont été ensevelies (et le sont toujours) en un seul jour alors qu’elles construisaient la paroi en béton. Une bétonnière de la firme allemande Regulus a été trouvée au fond de la mine et tirée dans la partie haute.
Bien que des pièces de V1 aient été construites au fond de la mine, aucune de ces bombes n’est sortie achevée des ateliers souterrains. Malheureusement, il n’est pas permis au public de descendre jusqu’au point où ces V1 étaient construits, parce que le chemin n’est (pas encore) ni sécurisé ni balisé.

 

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Actions de soutien

Action de sensibilisation et vente de gâteaux au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette au profit de Ljuba ZARECKAJA

Au cours du mois de décembre 2018 ainsi que pendant la deuxième semaine du mois de janvier 2019, des responsables de notre asbl ont eu la possibilité d’expliquer pendant l’heure du cours « Vie et Société » sur une douzaine de classes du Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette les buts de notre association « Pour la Paix et contre la Guerre ».
La guerre dans l’est de l’Ukraine était aussi au centre de l’exposé.

Pendant cette heure de sensibilisation et d’information nous avons expliqué pourquoi et comment nous voulons soutenir et aider Ljuba Zareckaja qui vit actuellement à Donezk, ville occupée par les séparatistes pro-russes. Cette femme est une historienne qui ne peut plus enseigner à l’université de cette ville où l’histoire est réécrite par les nouveaux maîtres. Lors d’un contrôle à la frontière avec l’Ukraine, des soldats lui ont volé sa poche contenant argent, ses papiers d’identité ainsi que ceux de sa fille.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une action de solidarité auprès des élèves du Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette pour l’aider à sortir des territoires occupés, à faire les démarches nécessaires auprès des autorités ukrainiennes afin d’obtenir de nouveaux papiers d’identité et pour essayer ensuite de trouver un emploi qui lui permette de vivre avec son enfant. Ceci n’est malheureusement pas le cas pour le moment, puisque toutes les deux vivent bien en dessous du seuil de survie et de pauvreté.

Du 8 au 22 janvier, une soixantaine d’élèves ont apporté bénévolement des gâteaux et des muffins qui ont été vendus pendant les pauses aux enseignants et aux élèves. Cette vente a rapporté quelque 700 € que nous ferons parvenir intégralement à Ljuba Zareckaja au fur et à mesure qu’elle fait ses déplacements dans les territoires libres et entreprend les démarches pour acquérir de nouveaux papiers d’identité et un travail qui lui permette de vivre décemment.

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Actions de soutien

Marché de Noël au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette

Notre asbl a été présente le 17 décembre 2018 au Marché de Noël (Chrëschtmoart) organisé au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette. C’était une bonne occasion pour discuter avec des visiteurs intéressés par les questions de paix et des conflits armés.
Certains ont participé à notre quiz qui demandait la remémoration des moments-clés des grands conflits du 20è siècle en Europe.
La vente de confitures et de biscuits faits maison ainsi que quelques dons contribuent à soutenir nos projets d’aide aux victimes de la guerre en Ukraine de l’est.
Quelques visiteurs et étudiants ont décidé de soutenir nos actions en devenant membres.

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Conférences, Sorties

Séance de commémoration et de souvenir au camp de concentration Hinzert

Le 18 novembre 2018 a eu lieu une séance de commémoration au camp de concentration Hinzert qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres de la frontière luxembourgeoise. Ce sont les Jusos (Jeunesse socialiste) et l’association pour la promotion du camp « Förderverein Gedenkstätte KZ Hinzert e.V. » qui ont invité pour la trente-cinquième fois à cette rencontre.
A 13 heures un groupe de personnes est parti de la localité de Reinsfeld pour parcourir à pied les 4 km jusqu’au mémorial construit à l’endroit où était situé le camp de concentration pendant la guerre.
C’est sur ce chemin que les prisonniers poussaient seule force de leurs bras les chariots du camp jusqu’à la gare de Reinsfeld pour aller y prendre les vivres et le charbon dont on avait besoin au camp.

A 14 heures 15 commençait la séance proprement dite à l’intérieur du mémorial. Le porte-parole de la Jeunesse socialiste, M. Kevin Mangrich, remercia les nombreuses personnes et personnalités venues pour l’occasion. Il ne manqua pas de parler de la situation critique en Allemagne, où le parti de droite « AfD » inquiète les partis établis depuis longtemps pour ses prises de positions extrémistes envers les (nouveaux) migrants. Il insista sur l’importance de se souvenir des horreurs commises par les nazis pour les jeunes générations.
Ensuite c’était au président du « Förderverein Gedenkstätte KZ Hinzert », M. Dieter Burgard, à situer la problématique du vivre-ensemble et de la commémoration des pages noires de l’Allemagne nazie dans le contexte européen. Pour lui, c’est au niveau de l’Europe qu’il faut mettre les bons jalons pour assurer un bon vivre ensemble dans le futur.
Des entractes musicaux furent assurés par la chanteuse Amei Scheib de Sarrebruck. C’étaient surtout des chansons de la résistance et des chansons yiddish.

Le conférencier du jour, le Luxembourgeois Henri Juda,  prit ensuite la parole pour rappeler l’importance du camp de concentration de Hinzert dans  la mémoire collective luxembourgeoise. Sa propre famille juive se réfugia vers 1935 au Luxembourg devant l’Allemagne nazie et avait le courage d’établir déjà vers 1950 un commerce en Allemagne, et ceci au dépit du fait que deux mères et 9 membres de la famille aient péri dans les camps d’extermination Sa mère avait survécu les affres d’Ausschwitz.

Toutes les générations restent traumatisées jusqu’à aujourd’hui par ce qu’a vécu la génération de la guerre.
M. Juda critiqua au passage le fait que l’historiographie luxembourgeoise de la Deuxième Guerre Mondiale a longtemps oublié la shoah et de relever que la commission administrative faisant fonction de gouvernement ainsi qu’une partie du peuple luxembourgeois avait collaboré avec l’occupant nazi. Ainsi  quelques 1.500 Luxembourgeois étaient entrés librement dans la Waffen-SS et qu’en six mois 65.000 Luxembourgeois (sur une population de 300.000) ont adhéré au mouvement populaire allemand (Volksdeutsche Bewegung).
Jusqu’à une époque récente, les 4.000 Juifs qui avaient été forcés de quitter le Luxembourg dont plus de 1.200 victimes assassinées dans la Shoah n’ont tout simplement pas fait partie de la mémoire collective de la Deuxième Guerre Mondiale.
Selon M. Juda il paraît qu’ une loi de 1969, jamais révisée depuis, accorda le titre de « victime du national-socialisme » aux résistants, aux exilés et aux enrôlés de force mais pas aux Juifs, même pas ceux qui ont survécu aux camps de concentration.
Le conférencier ne manqua pas de louer toutes les initiatives politiques et éducatives contemporaines qui cherchent à faire connaître aux jeunes les nombreuses facettes du racisme ou du nationalisme et des camps de concentration , guerres et génocides qui continuent à engendrer tant de malheurs  à des millions de personnes.
Il conseilla aux jeunes de continuer à apprendre et à s’intéresser à l’histoire des peuples européens afin de comprendre les mécanismes d’une société civile face à des dictatures
En citant Paul Sobol , un des derniers survivants d’Auschwitz qui continue à témoigner devant des milliers de jeunes il insista  qu’il est primordial de défendre  le grand projet d’une Europe unie et pacifique et de s’investir activement contre  des partis qui, au nom d’idéologies nationalistes, sont de nouveau en train de prêcher la haine et l’exclusion des étrangers.
M. Juda répondit encore à de nombreuses  questions du public visiblement ému par ses mots et rappels des souffrances de sa mère il est allé déposer, avec le président des Jusos , M. Mangrich, une gerbe  au pied du Mémorial de Hinzert , réalisé par Lucien Wercollier et dédié aux morts de Hinzert et de tous les résistants au nazisme.

Le tout se termina par une discussion libre autour d’une tasse de café et d’un gâteau offert par les organisateurs.

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Médias / Interviews

Émission à radio ARA

Les élèves Noémie Marques, Anne Wagner et Lea Belche de l’option radio du Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette (LGE) ont réalisé le jeudi 22 novembre 2018 une émission sur les antennes de radio ARA au sujet des activités de l’association « Pour la Paix et contre la Guerre ».

Étaient invités le président de l’association, Claude Pantaleoni, et les élèves Kristina Markovic et Max Bartholmé, tous les deux étudiants au LGE. Étant empêchée au dernier moment, Kristina a donné une interview préenregistrée sur comment toute sa vie est marquée jusqu’à aujourd’hui par la guerre entre la Serbie et le Kosovo, guerre qui a eu lieu entre 1991 et 1995.  Ses parents fuient en 1995 Sarajevo sous les tirs et au milieu des meurtres quotidiens. Kristina naît dans un camp de réfugiés en Serbie. Elle aboutit finalement au Luxembourg où elle a grandi  dans un foyer de l’Etat. Max raconte pourquoi il s’intéresse aux guerres du 20e siècle et celles en cours aujourd’hui, et comment il participe à l’asbl. Le président de l’asbl retrace les débuts de l’association jusqu’à sa création en 2017. Sont brièvement énumérés ensuite les objectifs qu' »Ad Pacem » (autre nom de l’asbl) s’est donnés : ce sont l’aide à des réfugiés des guerres en Europe (en ce moment surtout en Ukraine), la diffusion d’informations dans nos médias sur les guerres en Europe qui sont en cours ainsi que la formation à une culture de la paix, à développer surtout avec des  jeunes. Au cours de l’interview sont aussi montrés quelques voies et projets pour les mois à venir.

Sorties

Sortie culturelle et éducative avec des jeunes à Verdun

2018 est le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Notre région a souffert beaucoup pendant cette période, des centaines de milliers de soldats et de civils ont étés tués, des villages entiers détruits.
La connaissance de notre propre histoire et la commémoration sont une partie importante de toute culture de la Paix. Voilà pourquoi le 7 juillet 2018 notre comité et des jeunes membres de notre association ont fait une visite à Verdun et ses environs, sur le site de la bataille de Verdun.

Nous avons visité l’Ossuaire de Douaumont, qui abrite les restes de plus de 100.000 soldats.

Le soir nous avons assisté au spectacle « Des flammes à la lumière », qui évoque la Première Guerre mondiale et plus particulièrement la bataille de Verdun de 1916.
Ce spectacle est organisé chaque été depuis 1996 par l’association « Connaissance de la Meuse » dans l’ancienne carrière d’Haudainville, au sud de Verdun, dans le département de la Meuse.

 

 

 

 

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Nous avons reçu les réactions suivantes de nos jeunes membres :
(Une traduction en français suivra en septembre.)

– Joaquim :
Ech hun et gutt fonnt dass mer deem Krich vu virun 100 Joer méi no komm sinn an e bësse besser konnte verstoen, wéi et deene Leit déi an eisem Alter an de Krich gaange sinn ergaangen ass. Doduerch dass esou Initiativen ënnerholl ginn gëtt et méi schwéier de Krich an seng Auswierkungen ze vergiessen an ech hoffen, dass duerch esou Initiativen Leit géint den Krich drängt an dozou inspiréiert méi friddlech ze ginn a méi seng Matmënschen ze toleréieren.

– Luca :
Also ech hu gutt font, dass mier esou vill verschidde Saachen iwwert de Krich gesinn hunn an ech vu menger Säit aus Neies geléiert hunn. Et war witzeg an interessant.

– Liz :
Ech hunn et gutt fonnt, dass mer eng aner Siichtweis vum Krich kruten ewéi een se an der Schoul kritt. An der Schoul kritt een Zuele gesot vu Leit wou gestuerwe sinn an et liest een driwwer ewech, mä wann een dann am Ossuaire steet an all déi Nimm gesäit dann iwwerleet ee vill méi an et realiséiert een eréischt, dass dat net nëmmen Zuele wuare mä Mënschen wou esou al wuaren ewéi ech oder manner.

– Philippe :
Ech appreciéieren et, dass d’Studente vun der asbl net einfach op der Säit gelooss ginn, mee dass och aktiv de Kontakt mat hinne gesicht gëtt an an dësem Fall suguer eppes mat hinnen ënnerholl gëtt.
Den Ausfluch selwer war natierlech och super flott an informativ.
Den Highlight vum Dag war fir mech awer definitiv owes de Son et lumière, well ech mer näischt esou Impressionnantes erwaart hätt, mee éischter eppes a méi klengen Dimensiounen.
Dowéinst huet dat mech dann och ganz positiv iwwerrascht!

– Max :
Mat dësem Bréif well ech der Organisatioun „Pour la paix, contre la guerre“ schrëftlech Merci soen, dat se mir erlaabt huet, op Verdun kennen ze goen.
Eis Visitt huet jo bei dem Denkmal „Ossuaire du Douaumont“ ugefaangen, wat mech vill beandrockt huet.
Duerno ass et weider gaangen bei de Spektakel vun « Des Flammes à la Lumière ».
Et war ganz impressionnant, wei realistesch d’Kulissen ausgesinn hunn. Déi verschidden Zeenen, déi duergestallt goufen, hu mech immens beandrockt. Et ass schonn erschreckend, wann een iwwerleet, dat des Duerstellungen eng Realitéit widderspigelen, déi sech virun enger Zäit tatsächlech esou ofgespillt huet.
Zum Schluss well ech nach soen, dass mir déi Visitt op Verdun ganz gutt gefall huet, an dass et fir mech eben ganz interessant war, fir ‘mol esou eppes kennen live ze erliewen, a net nëmmen a Filmer oder Dokumentatiounen.

– Nathalie :
Visite op Verdun huet mer ganz gut gefall, ech hun Show owes ganz spannend an intressant fonnt. Och Vitise Ossuaire war intressant an ech hun et och flott fonnt dass mer dann all zesummen zu Verdun op enger Terrasse sutzen.

Actions de soutien

Activités récentes

Notre association a reçu dernièrement différents dons pour soutenir les victimes de guerre.
– Nous remercions toutes les personnes qui ont fait un don (580€) lors de la première communion de Daniel Pantaleoni.


– Au Lycée de Garçons d’Esch-sur-Alzette, des élèves de différentes classes ont contribué à la vente de gâteaux au profit de notre association. Cette action qui a eu lieu du 7 au 18 mai nous a rapporté 485€, somme qui sera versée intégralement aux victimes de la guerre dans l’est de l’Ukraine.

                          

Au cours du mois de mai, nous avons envoyé 1.120€ pour soutenir différentes familles et étudiants déplacés internes en Ukraine en raison de la guerre.

Assemblée générale

Compte-rendu de la première Assemblée générale

L’assemblée générale de l’Asbl a eu lieu lundi 30 avril 2018 de 20 heures à 22 heures. Étaient présents le comité et trois membres. Sept autres membres s’étaient excusés.

Lors de son mot de bienvenue, le président a rappelé les motifs de la création de l’Asbl, qui avait été précédée d’une initiative privée “Pour la Paix et contre la Guerre” depuis 2015.Il a ensuite rappelé les objectifs principaux de l’association.

Le secrétaire a fait un rapport détaillé des activités depuis la création de l’Asbl jusque fin mars 2018.

Le trésoirer a présenté la situation financière de l’Asbl. Celle-ci a été confirmée par Mme Myriam Clémence, réviseur de caisse, qui a contrôlé les comptes.

La vice-présidente a présenté un budget prévisionnel surtout des aides pour les victimes de guerre, et des dépenses prévisionnelles concernant les activités d’information et de sensibilisation qui ont comme but la culture de la paix. Toutes les propositions ont été acceptées à l’unanimité.

La première assemblée s’est clôturée avec un pot de l’amitié.

Non classé

Prise de position

Par les médias, nous avons appris la nouvelle de l’arrestation de Madame Nadiia Savchenko. Nous espérons que la justice ukrainienne pourra faire toute la lumière sur l’accusation qui est portée contre elle et que la vérité soit connue.

La visite de Madame Savchenko dans notre Grande Région, où nous l’avons accompagnée, nous a bien fait comprendre la gravité de la situation dans laquelle se trouve l’Ukraine du fait de la guerre contre la Russie dans l’est du pays.

Toutes les interviews que Madame Savchenko a données aux organes de presse lors de son passage peuvent éclairer et faire comprendre ses motivations profondes ainsi que les solutions politiques qu’elle envisage pour rétablir la paix dans l’est de son pays.

Il nous paraît important de rappeler les raisons pour lesquelles nous avons invité Madame Savchenko : en tant que soldat au front, prisonnière de guerre, auteure de ses mémoires, élue députée, il nous semblait intéressant de la faire témoigner de son expérience et de stimuler ainsi le débat sur le thème de l’impact de cette guerre sur la paix en Ukraine et en Europe.
Les opinions de Madame Savchenko n’engagent qu’elle.

Il est clair, pour nous en tant qu’association, que la paix ne se fera pas sans la recherche de véritables accords qui profitent aux populations et démilitarisent tous ces territoires.

Le comité

Conférences

Notre invitée au Salon du Livre et des cultures du Luxembourg – NADIIA SAVCHENKO

Samedi 03 mars 2018 à 14h
Salon du livre et des cultures du Luxembourg
Salle 1er étage
LuxExpo, Luxembourg

Ce CV a été écrit personnellement par Mme. Savchenko et traduit par notre asbl

membre du parlement Ukrainien ;
membre de l’assemblée parlementaire du conseil européen

Madame Savchenko est la première pilote militaire de l’Ukraine. Elle est l’objet d’une certaine notoriété publique depuis qu’elle fut enlevée et détenue de façon illégale pour une période de 2 ans par la fédération russe. Elle retrouva sa liberté en mai 2016. Depuis, elle est une voix importante en faveur de la souveraineté de l’Ukraine et une critique fervente de l’invasion russe de l’Ukraine.

Elle est née à Kiev en date du 11 mai de l’année 1981. En tant que jeune fille de seize ans elle savait déjà qu’elle voulait devenir pilote. Elle a intégré l’armée ukrainienne en tant qu’opératrice radiophonique dans les troupes des chemins de fer. Elle fut formée en tant que parachutiste au sein de l’université des forces aériennes à Kharkiv. De 2004 à 2008 elle servit en Iraq comme membre d’une alliance multinationale et ceci en tant que seule femme des troupes ukrainiennes.

Nadiia Savchenko fut capturée dans la région du Donbas en Ukraine. Elle y était stationnée pendant l’invasion russe en tant que soldat volontaire de l’unité « Aydar ».

Pendant son emprisonnement en Russie elle fut élue au sein du parlement ukrainien en 2014 et démissionna de l’armée de l’air ukrainien. Depuis son élection elle est une combattante de premier rang pour la reforme et contre la corruption en Ukraine. Elle réclame la transparence à tous les niveaux du gouvernement. Elle fut élue en tant que membre du parti «Batkivschina» (Ukrainiens pour la Patrie). Elle siège au Parlement en tant qu’indépendante depuis 2016. Elle est membre du comité pour la défense national et du groupe d’échange avec la république du Tadjikistan.

Madame Savchenko a mené le combat pour l’égalité des sexes au sein de l’armée ukrainienne. Après son service en Iraq, elle a regagnée l’Ukraine et a pétitionné les forces aériennes de l’Ukraine afin de la laisser intégrer la prestigieuse université des forces aériennes dans la section pour pilote qui fut réservée aux hommes. Elle y gradua en 2009 et devint membre d’un régiment de l’armée de l’air stationnée en Ukraine de l’ouest.

En sa qualité de membre du parlement, elle s’efforce de créer un pays sûr, sécurisé et prospère pour les générations actuelles et futures d’Ukrainiens. Elle est aussi une voix pour la libération de tous les prisonniers politiques illégaux détenus en Russie.

Madame Savchenko est régulièrement désignée comme un champion du peuple pour ses services au profit de sa patrie. Elle est le récipient de l’Ordre du Courage (août 2014) et du titre « Héros de l’Ukraine » (mars 2015), le plus prestigieux titre honorifique que le président ukrainien puisse accorder. De plus elle a reçu le Prix de la Liberté du Conseil Atlantique.

Elle a écrit un livre intitulé “Nadiia, un nom fort ” (ISBN 978-6-17703917-3) qui fut publié à Kiev en 2015 par l’éditeur Justinian.
Elle est célibataire et n’a pas d’enfants.

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La création de l’A.s.b.l. et ses objectifs

L’initiative « Pour la Paix et contre la Guerre » est née en février 2015, suite à la guerre dans l’est de l’Ukraine. Nous avons cherché le contact direct avec les victimes et les déplacés dans le pays et avons apporté une aide concrète. Mais, cette guerre en Ukraine nous a fait surtout comprendre qu’en Europe la période de paix depuis la Deuxième Guerre mondiale est finie. Nous entrons dans une période où les guerres deviennent de nouveau possibles aussi en Europe. Ceci nous a motivés à fonder notre A.s.b.l. le 11 juillet 2017.

Les objectifs de notre association

  • Aider les victimes et les réfugiés des conflits et des guerres en Europe en organisant des actions de solidarité et de soutien.
  • Promouvoir une culture de la paix en informant et en sensibilisant dans les médias et sur la place publique.
  • S’informer auprès d’instituts et d’experts scientifiques et autres qui élaborent et proposent des solutions non-violentes aux conflits et s’engager à participer activement à leur diffusion.

Explication du logo

  • La fusée représente la guerre, la destruction et la mort. Elle est cassée ; la guerre s’arrête quand les forces de la paix prennent le dessus. Ici c’est la colombe qui symbolise ces forces. Le rameau représente l’espérance et la vie qui reprend. C’est pour cette quête de paix que nous œuvrons.
  • Nous avons choisi d’écrire en latin le principe fondateur de notre association « Ad pacem servandam » (trad. « Au service de la paix »), parce que notre association agit en Europe, une Europe qui a été formée par la culture et la civilisation latines. Cette langue véhicule jusqu’à nos jours une dimension universaliste et humaniste.