Visite guidée sur le chemin du Souvenir
L’ancien maire-adjoint de Thil M. Gino Bertacco a accueilli le dimanche 7 juin à 15h une quinzaine de membres de l’association Ad Pacem à l’entrée du site, reconnu nécropole nationale en 1984, pour une visite guidée du camp.
En parcourant le chemin du souvenir à partir du parking à l’entrée du site jusqu’à la Crypte qui se trouve en hauteur sur la colline, M. Bertacco a donné toutes les explications pour comprendre les raisons qui ont fait que les Allemands ont érigé en 1943 ce camp qu’ils ont abandonné en septembre 1944 lorsque les Américains s’approchaient après le débarquement en Normandie.
Autour du parking à l’entrée se trouvent des sculptures d’artistes qui symbolisent la barbarie qui s’est déroulée dans et autour de ce camp nazi qui était le seul construit par les nazis sur le territoire français.
Le chemin du Souvenir aboutit sur un terrain aménagé où se trouve une Crypte qui a été construite pour abriter un four crématoire et tout ce qui a été retrouvé prouvant l’existence de ce camp de concentration. Le long du chemin, des artistes ont placé, à partir des années soixante-dix du 20e siècle, des sculptures représentant la barbarie qui s’y est déroulée.
Devant la Crypte M. Bertacco a expliqué comment ce camp fut construit, dès le début de l’année 1943, de façon à ce qu’il ne soit pas visible par les habitants vivant dans les alentours. Pendant l’occupation allemande, les habitants de Thil qui étaient de nationalité française s’étaient en grande partie réfugiés en Gironde, alors que les habitants d’origine italienne étaient restés sur place. Beaucoup d’Italiens ont travaillé dans la Mine avec les prisonniers. Mais les habitations des Français ont été dérobées pendant leur absence. Quand ces gens revinrent de Gironde après la libération de Thil, ils montèrent au camp où ils arrachèrent et s’emparèrent de tout ce qui était en bois. Tout le bois a donc servi à la population civile pour se chauffer après la guerre. C’est la raison principale de l’absence de toutes traces de l’existence de ce camp.
Seuls deux poteaux de l’ancien portail qui ont été retrouvés se trouvent aujourd’hui à l’entrée de la petite esplanade devant la Crypte. C’est aussi ici que se trouve une sculpture impressionnante représentant un détenu, pris dans des barbelés, et tombant ou essayant de se relever. Elle est l’œuvre d’élèves du Lycée Jean Macé de Villerupt qui l’ont offert au site en 1978.
Les détenus qui mouraient dans le camp ou dans la mine étaient brûlés à l’air libre avec du pétrole devant l’entrée de la Mine sur des traverses de rail en bois. La ventilation du courant d’air venant de la Mine entretenait le feu. Mais comme l’odeur se sentait loin dans la ronde, le responsable nazi, le commandant Eugen Walter Büttner, demanda de les faire brûler sur des fagots de bois dans la colline au-dessus du camp. Mais l’odeur se sentait toujours dans les environs. C’est la raison pour le commandant de faire venir un four qui servait à l’abattoir de la ville de Villerupt pour y brûler les restes des animaux. Il fut installé non loin du lieu où les corps avaient été brûlés auparavant. Mais la fin de la guerre approchait avec l’avancée des Américains venant de l’ouest, seulement deux ou trois détenus y auraient été brûlés.
A l’intérieur de la Crypte, M. Bertacco montra sur une maquette comment le camp était disposé. Celui-ci a été reconstruit à partir de photos aériennes prises par les Alliés. D’un côté du camp vivaient les Allemands et de l’autre, alignés en files par deux, les huit baraquements contenant chacun une centaine de détenus. Leur nombre était contrôlé régulièrement chaque jour par la pierre que chaque prisonnier devait prendre le matin sur son chemin jusqu’à la mine de Tiercelet pour la déposer le soir, au retour, devant sa baraque. Dans la crypte un dessin fait par un détenu montre les détenus descendant vers la Mine avec leurs habits gris rayés de blanc et tenant une pierre.
Ces prisonniers du camp étaient pour la plupart des ouvriers qualifiés : électriciens, machinistes, ajusteurs, tourneurs, fraiseurs etc. Quand un détenu mourait, le commandant SS du camp Büttner le fit remplacer par un détenu qui venait du camp de Natzweiler-Struthof en Alsace. Dans la Mine de Tiercelet travaillaient les prisonniers juifs qui étaient venus de Natzweiler-Struthof et les prisonnières soviétiques qui passaient la nuit au camp d’Errouville.
Ce dimanche, le groupe n’a pas pu visiter la Mine de Tiercelet où les 800 détenus du camp de Thil et les 400 femmes soviétiques du camp d’Errouville venaient travailler dans la Mine. Les travaux étaient destinés à construire les pièces de la bombe V1 après la destruction par les bombardements aériens de Peenemünde dans le nord de l’Allemagne.
La Mine de Tiercelet est actuellement fermée et ne peut être visitée tant que la restructuration en cours n’est pas terminée.
A la fin de la visite l’association a invité tout le monde à goûter un apéro et des friandises faites maison.

























