Visite guidée de Neunkirchen (Sarre) avec des réflexions sur le thème de la « paix »
Une douzaine de membres d’Ad Pacem ont participé le 20 septembre, suite à l’invitation de la référente paroissiale Katja Groß, à une visite guidée de Neukirchen (en Sarre). Cette visite s’est faite à l’occasion de la “Semaine interculturelle et de la Semaine équitable”.
Le programme comprenait cinq étapes avec à chaque fois des explications, des méditations, des prières et des chants. Puis un jeune du groupe a peint avec un spray un logo représentant à la fois les trois symboles des religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) et un ange.
La première étape se faisait au « momentum », un centre de rencontre du diocèse de Trèves à Neunkirchen. C’est là que les présentations mutuelles ont eu lieu. Les invités français ont pu suivre l’intégralité de la visite grâce à une traduction simultanée. Cela a également été le cas pendant toute la visite.
Nous avons ensuite commencé notre itinéraire à pied vers la deuxième étape, un bunker en forme de pointe, vestige de la Seconde Guerre mondiale. L’un des responsables nous a expliqué l’utilité de ce bunker qui pouvait abriter jusqu’à 600 personnes assises lors des nombreux raids aériens des Alliés sur les productions ferroviaires et d’armement locales. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’usine sidérurgique comptait au total 40 abris anti-aériens. La tour comprend 8 étages avec 12 toilettes. L’accès se fait par des escaliers en bois aux 2e et 3e étages. Tous les étages sont ventilés naturellement par des raccords tubulaires étanches au gaz et verrouillables. Au sommet de la tour se trouve le système de ventilation avec les filtres correspondants, qui pouvaient être actionnés manuellement en cas de panne de courant. La communication entre les différents étages se fait par des tubes acoustiques.
La troisième étape était une halte au mémorial des travailleurs forcés réalisé par l’artiste japonais Seiji Kimoto, qui vivait à Neunkirchen entre 1997 et 2015.
C’est un mémorial à la mémoire des travailleurs étrangers à Neunkirchen. Les noms inscrits sur le socle « Jean, Alberto, Antonia, Stanislaw, Maria, Sergey » sont représentatifs des 3 000 personnes qui ont dû travailler comme travailleurs forcés pendant la Seconde Guerre mondiale dans l’usine sidérurgique de Neunkirchen, dans les mines de charbon ou dans l’agriculture. Ils venaient de toute l’Europe et étaient détenus dans 22 camps répartis dans toute la ville. Environ 400 d’entre eux sont morts d’épuisement, de maladie et de mauvais traitements avant la fin de la guerre.
Explications sur le mémorial lui-même : deux silhouettes humaines se font face sur un socle en béton. Une silhouette émaciée en cuivre vert, une travailleuse forcée maltraitée, attachée à une poutre en acier de 7,70 m de haut, et une silhouette presque plus grande que nature, qui n’aide pas, mais observe ou détourne le regard, un gardien ou une spectatrice indifférente. Les vestiges d’un mur en briques situés à l’angle du socle rappellent les baraques dans lesquelles vivaient les travailleurs forcés.
La quatrième étape prévoyait la colonne mariale devant l’église catholique romaine Sainte-Marie. Il s’agit d’une fonte grise provenant de l’usine sidérurgique de Neunkirchen. Le sculpteur local, Hans Bogler, l’a achevée en 1954.
Ensuite, nous avons visité l’intérieur de l’église Sainte-Marie.
Chacun a pu réfléchir aux questions suivantes :
– La paix commence-t-elle par moi-même, par mes propres pensées ?
– Quelle sera ma prochaine étape en tant que défenseur ou défenseuse d’une paix plus grande dans le monde ?
– Si je veux être un modèle d’amour et de réconciliation, comment dois-je me comporter ? Comment mes semblables le remarqueront-ils ?
Le logo « Épées en socs de charrue » a été brièvement commenté.
La cinquième étape nous a conduits au centre communautaire turco-islamique. Ici, une rencontre et un échange ont eu lieu avec le responsable et l’administrateur du centre. Celui-ci a expliqué comment le centre est organisé et quelle fonction sociale il poursuit. La discussion qui a suivi a porté sur la connaissance interreligieuse. À cet égard, il reste encore beaucoup à faire pour promouvoir et faire progresser les rencontres entre les communautés religieuses.
Nous sommes ensuite retournés au « momentum », lieu de départ de la visite guidée de la ville qui a finalement duré trois heures.
C’est là que la visite s’est terminée avec un buffet froid bien servi pour tous les participants.






















