Conférences / débats / témoignages

Mort d’Ihor Kozlovsky

Ihor Kozlovsky, de nationalité ukrainienne, historien et chercheur en sciences religieuses, est décédé d’une crise cardiaque le 6 septembre 2023 à Kyiv.

Kozlovsky avait 69 ans. Il était originaire de la région de Donetsk. Même après l’invasion russe en 2014, il n’a pas quitté sa ville natale. Le 27 janvier 2016, des militants de la soi-disant République populaire de Donetsk l’ont fait prisonnier en raison de sa position pro-ukrainienne. Kozlovsky est resté en captivité pendant 700 jours, où il a subi de nombreuses tortures. Il a été libéré lors d’un échange de prisonniers le 27 décembre 2017.
Après son retour en Ukraine, il a travaillé à Kyiv au département des études religieuses de l’Institut de philosophie de l’Académie nationale des sciences d’Ukraine. Invité en octobre 2021 par notre association « Ad pacem servandam – Pour la Paix et contre la guerre », Ihor Kozlovsky s’est rendu en France, au Luxembourg et en Allemagne pour témoigner personnellement des crimes de guerre des Russes contre les civils en Ukraine. Il a donné plusieurs interviews à des journalistes allemands, luxembourgeois et français.
Vous pouvez visionner la conférence qu’Ihor Kozlovsky a donnée à Mont-Saint-Martin (F) le 16 octobre 2021 en cliquant sur le lien suivant :

Guerre en Ukraine. 700 jours de captivité et de tortures. Ihor Kozlovsky témoigne

Actions de soutien pour l'Ukraine

Interview avec Mme Tetyana PONOMARENKO, directrice de l’hôpital psychiatrique de VORZEL (région de Kyiv), réalisée le 2 juillet 2023 par Mme Natalya PANTALEONI, vice-présidente de « Ad Pacem servandam – Pour la Paix & contre la guerre »

Madame Ponomarenko, quelles étaient les missions et les thérapies de cet hôpital psychiatrique avant la guerre qui a commencé le 24 février 2022 ?

Depuis sa création, l’hôpital psychiatrique N.2 de Vorzel a pour mission de répondre aux besoins de la population de Kyiv et de la région de Kyiv en matière de traitement et de soins psychiatriques. L’hôpital dispose de huit unités dont les principales sont celles pour les enfants et les adolescents, pour les personnes atteintes du syndrome de Down, pour les autistes, pour les personnes souffrant de troubles psycho-comportementaux et pour les personnes présentant des retards dans leur développement mental. Une unité est destinée à aider les malades qui sont dépendants de l’alcool. 

Combien de personnes traumatisées par la guerre et provenant de régions en guerre sont actuellement traitées dans cette clinique ? Comment ces tâches ont-elles évolué avec le début de la guerre ? Combien d’employés et de bénévoles travaillent ici ?

Depuis 2017, l’hôpital s’est spécialisé dans l’aide aux vétérans qui ont subi des dommages psychologiques suite aux combats militaires dans le Donbass. La majorité des patients souffrent de traumatismes causés par la guerre d’agression russe. Ce sont des soldats qui ont combattu sur le front et qui ne peuvent supporter la terrible réalité de la guerre : ils ont dû tuer des gens ou assister à la mort d’amis sans pouvoir l’empêcher. Parmi les patients, il y a des soldats qui se sentent contraints par la société de partir à la guerre alors que d’autres sont épargnés par la guerre sur le front. Il y a aussi des soldats qui ont été emprisonnés et torturés, puis d’autres dont des membres de la famille ont été victimes de violences sexuelles. Enfin, il y a des patients qui, en raison de leur incapacité à gérer eux-mêmes les traumatismes, s’enfoncent dans la toxicomanie et l’alcoolisme. Ces personnes souffrent surtout de dépressions profondes et d’anxiété, et présentent des troubles psychosomatiques.

L’hôpital peut accueillir au maximum 300 patients. Puis environ 45 à 50 patients doivent pouvoir être traités en ambulatoire, c’est-à-dire qu’ils viennent pendant la journée et passent la nuit chez eux. L’hôpital compte actuellement 16 médecins, 34 infirmiers et infirmières et 16 employés (secrétaire, cuisiniers, chauffeurs d’ambulance, ouvriers, service de nettoyage). Aujourd’hui, le personnel est surchargé et clairement en sous-effectif, car l’hôpital accueille plus de patients que ne le prévoit l’infrastructure. Lorsque la guerre d’agression russe a commencé en février 2022, l’hôpital a accueilli 62 patients de l’hôpital psychiatrique de Kharkiv. Ils ont dû être évacués de cette ville importante. L’hôpital psychiatrique de Kharkiv n’ayant pas été rouvert après l’attaque russe sur la ville, tous les patients restent provisoirement à Vorzel. Pendant le week-end, seul un psychiatre est de garde pour les 300 patients.

Des bénévoles viennent toutefois à l’hôpital pour proposer leur aide. Il s’agit le plus souvent d’étudiants en psychologie et en médecine, qui ne sont pas autorisés à prendre des responsabilités dans le traitement, et les possibilités d’intervention sont donc limitées. Jusqu’au début de la guerre, l’hôpital disposait d’un service pédiatrique. Il est maintenant fermé.

En ce moment, il n’y a pas d’enfants à l’hôpital, car les familles préfèrent les garder avec elles, ou alors ils passent en tant que patients ambulants.

Les membres d’un club canin de Kyiv viennent régulièrement avec leurs chiens pour aider les médecins dans les canisthérapies avec les malades.

Quelles sont les principales maladies et troubles psychologiques des patients civils et des soldats qui viennent du front ?

La loi ne nous autorise pas, nous les responsables, à publier des données statistiques précises sur nos patients. Mais c’est un fait que cet hôpital s’est spécialisé depuis 2015 dans le traitement des vétérans de guerre.

Avec quels espoirs, ces personnes se sont-elles engagées dans la guerre ? Ces espoirs sont-ils faux au vu de ce qui attend les soldats là-bas ?

L’histoire personnelle de chaque personne est différente. De nombreux patriotes se sont engagés dans la guerre pour défendre leur pays. Seulement, la réalité qui attend les soldats sur le front est bien plus cruelle qu’ils ne l’avaient imaginé.

 Ces hommes et ces femmes étaient-ils préparés à la guerre ?

Non, de manière générale on peut dire que les gens n’étaient pas du tout préparés à la guerre. Jusqu’au jour de l’attaque massive des Russes, personne ne croyait vraiment qu’une telle chose était possible. Le choc a été d’autant plus grand pour les Ukrainiens.

Cette clinique a-t-elle suffisamment de personnel formé pour les thérapies ?

Il y a un manque de personnel, surtout de personnel formé aux traumatismes de guerre. Certains soignants souffrent eux-mêmes de burnout. Et il manque des médicaments ; les quotas assurés par l’Etat ont été réduits alors que l’hôpital a besoin de beaucoup plus de médicaments en cette période de guerre.

Que font ces hommes et ces femmes après la thérapie ?

Les patients civils retournent dans la société civile après le traitement. Malheureusement, le nombre de rechutes est important. Cela est lié au fait que la guerre continue et que les sirènes bruyantes de la défense aérienne retentissent presque tous les jours. Des nouvelles tragiques parviennent chaque jour à la population.  Après avoir été soignés, la plupart des soldats retournent au front.

 Quels sont les défis matériels et humains auxquels la clinique doit faire face aujourd’hui ? Que manque-t-il avant tout ?

Ce qui manque le plus, ce sont les médicaments, l’équipement médical et le matériel nécessaire. Pendant l’occupation russe, tous les ordinateurs et appareils médicaux ont été soit volés, soit détruits. Le système de chauffage a été fortement endommagé. Même les louches et les couverts de la cuisine ont été volés. Les encyclopédies médicales du bureau de la directrice ont été brûlées. Plusieurs services de l’hôpital doivent absolument être rénovés. Dans de nombreuses pièces où les fenêtres et les portes ont été arrachées pendant l’occupation, il a neigé et plu à l’intérieur, de sorte que les revêtements de sol sont endommagés et que des moisissures sont apparues à de nombreux endroits. Ces sols doivent être remplacés de toute urgence. La petite serre dans laquelle les malades cultivaient eux-mêmes leurs légumes, ce qui fait également partie des thérapies, a été détruite.

La clinique reçoit-elle des aides de l’étranger ? Quelle est la part des besoins de la clinique couverte par ces aides ?

En premier lieu, ce sont les citoyens ukrainiens qui aident après la libération de Vorzel et le retour des détenus à l’hôpital. Certains agriculteurs des environs apportent des produits laitiers et de la nourriture. Des clubs sportifs de Kyiv ont aidé à nettoyer et, dans la mesure du possible, à réparer les bâtiments après l’occupation.

Une organisation allemande a fait un don d’argent pour l’achat de médicaments. Ceux-ci devaient suffire jusqu’à la fin de l’année 2023. Mais les besoins réels ont augmenté si rapidement que ces paquets d’aide ont été épuisés en l’espace de trois mois seulement.

Lorsque Mme Pantaleoni a demandé si « Ad Pacem » pouvait aider immédiatement en faisant un don pour l’achat de médicaments, la directrice a eu les larmes aux yeux. Elle a avoué qu’en ce moment, dans de nombreux domaines, l’hôpital ne disposait de médicaments que jusqu’à la fin de la semaine en cours. Elle a accepté avec reconnaissance l’offre d’achat immédiat d’un paquet d’aide de 1000 € (à voir sur le site web sous la rubrique « La guerre de la Russie contre l’Ukraine », 3 juillet 2023).

Madame Tetyana Ponomarenko avec Natalya Pantaleoni et notre coopérant en UKraine Anatoly Kmetko.

Actions de soutien pour l'Ukraine, Guerre de la Russie contre l’Ukraine

1er septembre 2023: L’hôpital psychiatrique de Vorzel (région de Kyiv) a reçu les médicaments pour les traitements des malades victimes de la guerre. Ces médicaments ont été acheté avec l’argent que notre association Ad Pacem a reçu en août, en Italie, lors des deux concerts de bienfaisance à Serra Sant’Abbondio et à Pergola et de l’appel à dons au couvent franciscain d’Ostra Vetere.

Actions de soutien pour l'Ukraine, Guerre de la Russie contre l’Ukraine

Depuis mars 2023, Ad Pacem soutient le foyer pour enfants Misto Dobra (City of Goodness) à Tchernovitz (Ukraine occidentale), où le centre accueille 400 réfugiés de guerre, dont 150 enfants issus d’orphelinats.Il s’agit d’enfants âgés de la naissance à sept ans. Depuis le début de la guerre, le centre accueille également des mères avec des enfants provenant des zones de guerre. En outre, trois foyers pour enfants d’Odessa et de Mykolaiv y ont été évacués.Jusqu’à la mi-mai 2023, 10 lits d’enfants, 10 commodes pour enfants avec tables à langer, 5 purificateurs d’air et un nettoyeur à vapeur Kärcher ont été financés.

Newsletter

Newsletter 25

Chers amis,

La visite de musées, d’expositions et des lieux de mémoire des guerres passées fait partie des activités de notre association Ad Pacem. À cause de la période du Covid et de notre engagement auprès des réfugiés ukrainiens durant l’année 2022, à la suite de la guerre d’agression russe, nous avions temporairement suspendu ces activités.

Bastogne War Museum

Nous vous invitons le samedi 17 juin à visiter le Bastogne War Museum.
La visite guidée commencera au Musée à 9h30 pour se conclure, pour la première partie, vers 12h30. Après il y aura la possibilité de visiter la librairie du Musée et de prendre un café au Bistrot de la Paix. Nous pique-niquerons ensuite avec nos repas tirés du sac dans un espace du musée moyennant la consommation d’une boisson par personne. Vers 13h30 nous continuerons par une deuxième visite externe d’une durée d’une bonne demi-heure à quelques kilomètres du Musée.
Vers 14h30 nous entamerons le retour à la maison.
L’entrée coûtera 20€ pour les adultes et notre association paiera les billets d’entrée pour les jeunes de moins de 16 ans.
Pour ceux qui veulent se déplacer par co-voiturage, veuillez svp nous communiquer jusqu’au 15 juin sur [email protected] si vous êtes des nôtres, si vous avez une voiture ou aimeriez être amené en voiture à Bastogne.
Notre secrétaire qui se chargera d’organiser le déplacement par co-voiturage à partir de différents points de rassemblement prendra contact avec vous.

Bike for climate – bike for peace

J’en profite pour vous annoncer notre prochain bike for climate le samedi 15 juillet de 10h à 17h environ sur les pistes cyclables du sud du Luxembourg.
Se déplacer à vélo est bien pour la santé, le climat et pour la paix !
Dans ce sens n’hésitez pas à réserver cette date pour vous joindre à nous !
Vous pouvez d’ores et déjà nous communiquer votre participation par mail sur [email protected]. Nous vous enverrons début juillet par mail plus d’informations sur le tour proprement dit.

Salutations de paix !

Claude Pantaleoni
Président

Bike for climate - bike for peace

4e bike tour (samedi 20 mai 2023)

Le samedi matin 20 mai nous étions au nombre de huit à nous être donné rendez-vous à la gare de Bettembourg pour un tour à vélo de 46 km sur les pistes cyclables du sud du Luxembourg.

Nous sommes d’abord passés par Peppange (du côté de l’ancien couvent des Bénédictines) et par Hellange, pour ensuite traverser la frontière française au beau milieu des champs et découvrir sur notre route tour à tour les villages de Hagen et d’Évrange ainsi que les monuments érigés à la mémoire des victimes des deux guerres mondiales. Nous avons profité d’une pause à Évrange pour y visiter l’église néogothique dédiée à Saint Albin, ouverte au public, et admirer à l’intérieur les vitraux, dont deux thématisent notamment la guerre et la paix (l’église fut partiellement détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et restaurée après la guerre).

Après avoir repassé à nouveau la frontière, nous nous sommes arrêtés à Aspelt près du château baroque et de la statue en bronze de Pierre d’Aspelt (1240-1320, Prince-électeur et archevêque de Mayence) qui a été érigée en 2021 en son honneur sur la place en face de l’église. La sculpture en question nous a cependant laissés assez perplexes en raison des choix artistiques : Pierre d’Aspelt est en effet représenté sans aucun insigne épiscopal et a une apparence étrangement androgyne.

La pause de midi a eu lieu à Dalheim, au pied du Monument de l’Aigle (il s’agit d’une colonne d’une hauteur d’une dizaine de mètres, au sommet de laquelle trône un aigle romain sur un globe terrestre). Ce monument a été érigé en 1855 par la « Société archéologique luxembourgeoise » à la mémoire de la présence civilisatrice romaine à Dalheim, notamment du vicus Ricciacum. À quelques pas de ce site nous avons aussi pu visiter le théâtre gallo-romain dans la descente vers Dalheim. Cet amphithéâtre antique date probablement du IIe siècle et devait avoir une capacité d’environ 3.500 spectateurs à l’époque.

Nous avons ensuite repris la route en passant par Hassel, Alzingen, et Hesperange, où nous avons fait une dernière pause autour de l’étang au cœur du parc municipal. À 16h30 notre groupe a de nouveau rejoint le parking de la gare de Bettembourg, terminus de ce tour à vélo aux conditions climatiques idéales.