Depuis le Luxembourg ont été envoyés le 31 janvier l’aide médicale suivante qui a été réceptionnée le 4 février à l’hôpital militaire de Kyiv :
pansements, bandages, orthèses, masques chirurgicaux, cathéters, sondes urinaires, antidouleurs, antiseptiques, seringues, sets post-opératoire, vêtements chauds et linge de lit.
Auteur/autrice : cw
Aide médicale du Luxembourg à Kyiv (janvier 2026)
17 et 24 janvier 2026 : Depuis le Luxembourg ont été envoyés le 17 janvier l’aide médicale suivante qui a été réceptionnée le 24 janvier à l’hôpital militaire de Kyiv :
pansements, bandages, orthoses, masques chirurgicales, catheters, sondes urinaires, antidouleurs, antiseptiques, seringues, sets post-opératoire, linge de lit vêtements divers.
Newsletter 45
Nos meilleurs vœux pour une Bonne Année 2026 !
Pour cette fin d’année 2025, notre comité Ad Pacem vous souhaite de Belles Fêtes de Fin d’Année avec votre famille et vos amis.
Cela est possible pour nous les Européens seulement parce que nous vivons en paix avec nos peuples voisins.
De cette année passée, notre comité retient un fait qui nous a profondément marqués et que nous voulons remémorer ici. C’est le récit de deux anciens prisonniers du camp de concentration russe « Izolyatsia » à Donetsk, Valery Sokolov et Valery Matjushenko, libérés lors d’échanges de prisonniers. Grâce à un appel à dons, nous avons pu financer leurs opérations dentaires et les implants pour qu’ils obtiennent de nouvelles dents qu’ils ont perdues lors des tortures russes. Dans deux courtes vidéos vous pouvez écouter leurs récits et leurs remerciements avec en-dessous la transcription écrite.
=> Vidéos Matjushenko et Sokolov
C’est une conséquence abjecte de cette guerre horrible voulue par les responsables de l’État russe. Un jour un Tribunal international les jugera pour crimes contre l’humanité, si ce n’est pour génocide contre le peuple ukrainien.
Nous clôturons cette Newsletter 45 avec une photo qui nous est parvenue du centre Art Therapy de Kropyvnytskyj en Ukraine où des enfants de familles réfugiées remercient les donateurs d’Ad Pacem.
Ces jeunes donnent espoir pour un futur meilleur !
Meilleurs vœux pour la Nouvelle Année !
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 44
Calendrier Ad Pacem 2026
Chaque année, des membres du comité Ad Pacem se déplacent en Europe pour se rendre sur les lieux d’une guerre ou d’un conflit du passé et collecter, dans les musées et sur ces sites de mémoire, des documents visuels tout comme des informations actualisées. Les plus belles photos de ces lieux sont retenues pour les douze mois du calendrier.
Le calendrier 2026 a pour thème la Ligne Gothique, appelée aussi Ligne Verte par les Nazis. En 1944-1945, les soldats allemands avaient établi cette ligne de défense dans le centre-nord de l’Italie pour arrêter l’avancée des Alliés. Des combats acharnés et des massacres cruels de la population civile ont eu lieu le long de cette ligne qui s’étendait sur 320 km de la mer Adriatique à la mer Tyrrhénienne.
Ce front est resté moins connu, car en même temps avait lieu le débarquement en Normandie et – peu après – celui en Provence.
Les bénéfices de la vente du calendrier 2026 seront reversés à l’organisation non gouvernementale SEMA en Ukraine. Celle-ci accompagne les femmes qui ont été maltraitées, torturées et violées par les soldats russes pendant la guerre.
Le calendrier 2026 est disponible en français, allemand, italien et ukrainien. Des QR codes accompagnent les photos de chaque mois et permettent d’accéder à des interviews, des photos supplémentaires et à l’histoire du conflit.
Connaître les guerres du passé est important pour comprendre la valeur de la Paix aujourd’hui.
Vous pouvez commander ce calendrier en effectuant un virement de 16 € (calendrier + frais de port) sur notre compte courant :
Pour la Paix et contre la Guerre
LU28 0099 7800 0064 0276 (IBAN)
CCRALULL (BIC)
Indiquez aussi votre nom, prénom et adresse postale, ainsi que la langue désirée. Le calendrier vous sera envoyé par la poste.
Vous pouvez consulter la page de couverture du calendrier ici :
=> Calendrier Ad Pacem 2026 (preview)
Meilleures salutations !
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 43
Ad Pacem servandam et la
FORMATION AU VIVRE ENSEMBLE EN EUROPE
La formation et l’éducation au vivre ensemble dans la diversité restent les parents pauvres de l’Union Européenne, quoi qu’en disent les responsables politiques. Ayant trop peu investi dans ces domaines, les dirigeants des différents partis politiques s’expriment rarement sur ces questions, ou bien cautionnent plus ou moins ouvertement les changements sociétaux et des mentalités en cours.
Les conséquences politiques sont perceptibles depuis des années, notamment à travers le développement de théories et d’idéologies nationalistes et intégristes, ainsi que le déclin des solidarités envers les pauvres, les marginaux et l’environnement.
Pour ne pas suivre cette logique, le comité Ad Pacem a récemment organisé deux sorties allant dans le sens d’une formation personnelle et collective.
Visite guidée du Fort Fermont (ligne Maginot, France)
=> Cliquez ici pour voir le compte rendu.
Visite à Neunkirchen (Allemagne) sur invitation d’un cercle de citoyens de la ville
=> Cliquez ici pour voir le compte rendu.
Avec mes salutations,
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 42
1. Rappel : Excursion au Fort de Fermont (ligne Maginot)
🗓 Date : dimanche 5 octobre 2025
🕘 Heure de rendez-vous : 9h15
📍 Lieu de rendez-vous : Parking du Fort de Fermont (à 20 min de Longwy, France)
L’association Ad Pacem servandam organise une excursion vers l’un des sites de la ligne Maginot, ces fortifications construites entre 1929 et 1936 qui ont joué un rôle important au début de la Seconde Guerre mondiale.
🔹 Durée : environ 2 heures 30 minutes
🔹 Format : visite guidée, en partie souterraine, avec trajet en train électrique
🔹 À pied : environ 1,5 km
🔹 Température : environ 13 °C – prévoyez des vêtements chauds
🔹 Fin de la visite : vers 12h30
🔹 Après la visite :
Ceux qui le souhaitent peuvent rester pour un déjeuner commun à Crusnes – chacun apporte quelque chose (selon le principe de l’auberge espagnole). Fin de la rencontre vers 15h00.
💶 Coût :
- 5 euros par personne (le reste est pris en charge par l’association)
- Enfants de moins de 12 ans : gratuit
📩 Inscription :
Veuillez confirmer votre participation par e-mail : [email protected]
2. Cotisations 2025
L’association Ad Pacem servandam – Pour la Paix et contre la Guerre existe grâce aux cotisations annuelles de ses membres et ne reçoit aucun financement public.
Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont déjà payé leur cotisation pour 2025 !
Si vous ne l’avez pas encore fait, nous vous invitons à verser 15 euros avec la mention « Cotisation Ad Pacem 2025 » sur le compte :
- IBAN : LU28 0099 7800 0064 0276
- BIC : CCRALULL
Vous pouvez également utiliser Payconiq (pour les résidents du Luxembourg et de Belgique).

Recevez mes salutations de paix,
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 41
1. Visite guidée du Fort Fermont (ligne Maginot) le dimanche 5 octobre à 9h15
Comme chaque année, l’association Ad Pacem servandam organise pour ses membres une visite culturelle sur un lieu de mémoire d’une guerre passée. C’est l’occasion de voir et connaître sur place comment les sociétés humaines et les États ont organisé les guerres, leurs défenses et tout ce qui a trait à la gestion des conflits (armement, stratégies, occupations, hôpitaux, information, morts, commémorations etc.).
Cette année, la visite se fera le dimanche 5 octobre. Le rendez-vous est à 9h15 sur le parking à proximité du Fort Fermont qui se trouve à une vingtaine de minutes de Longwy (F). Cette visite guidée, réservée à l’avance, aura une durée d’environ 2h30 et se déroulera en grande partie sous terre, dont une partie en train électrique. 1 km et demi seront parcourus à pied pour voir de près comment se déroulait la vie des soldats dans la ligne Maginot. Il faudra prévoir un pull car la température avoisine toujours les 13 degrés. À la sortie, il y aura une boutique pour l’achat de souvenirs et de livres et une buvette. La visite se terminera vers 12h30 environ. Ceux qui veulent rester pour manger pourront se retrouver à Crusnes où on partagera, selon le principe de l’auberge espagnole, ce que chacun aura apporté. La rencontre s’y terminera vers 15h.
On demandera à chaque membre une contribution de 5 euros, le reste étant payé par l’association. Pour les enfants en dessous de 12 ans, la visite est gratuite, l’association portant les frais. Veuillez s.v.p. nous faire part de votre venue par mail sur [email protected].
2. Les bénéfices de la vente du calendrier 2025 seront reversés aux « Hospitaliers » en Ukraine
Chaque année, l’association « Ad Pacem servandam – Pour la Paix et contre la Guerre » envoie le bénéfice de la vente du calendrier Ad Pacem à des personnes ou des associations qui aident des victimes de guerre. Cette année, le bénéfice a été entièrement versé au profit de l’association ukrainienne de bénévoles « Hospitaliers » qui œuvre près du front russe.
Avec la devise des Hospitaliers « Sauver chaque vie », des ambulanciers tactiques et des médecins se sont regroupés pour prodiguer les premiers soins aux soldats et civils gravement blessés, au péril de leur propre vie, directement sur le front.
L’argent a permis d’acheter une pompe à perfusion (Infusiomat), un équipement important et coûteux, ainsi que quatre batteries pour les appareils à oxygène Saros.
Tous ces appareils sont utilisés depuis mars 2025.
Les Hospitaliers remercient tous les acheteurs du calendrier 2025 et l’association Ad Pacem pour l’achat de cet équipement essentiel qui leur permet de sauver des vies chaque jour.
Vous trouverez de plus amples informations et des photos de l’utilisation de l’Infusiomat par les Hospitaliers auprès de soldats gravement blessés en cliquant sur le lien suivant. D’autres photos montrent la remise des quatre batteries.
Un grand merci à tous pour votre aide !
Le Conseil d’administration d’Ad Pacem vous souhaite de bonnes vacances d’été.
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 40
1. Appel à dons pour Valerij SOKOLOV et Valerij MATJUSCHENKO
Depuis 2015, la Russie occupe des territoires ukrainiens et y installe des camps de concentration qui ont pour modèle ceux de l’Union soviétique. Des échanges de prisonniers ont lieu depuis quelques années entre les deux pays en guerre, et parmi les Ukrainiens libérés, il y en a qui ont passé des années dans des camps de concentration comme « Izolyazia », situé dans la région de Donetsk.
Notre association « Ad Pacem servandam » soutient plusieurs anciens prisonniers de ce camp de concentration russe « Izolyazia ». Il s’agit principalement de civils qui souffrent de graves séquelles suite aux tortures régulières. Après leur libération, nous les aidons en prenant en charge les frais médicaux qui souvent sont coûteux pour ces personnes qui n’ont pas les moyens pour payer ces traitements. Ils ont tout perdu ou ont dû tout laisser derrière eux dans les zones occupées. C’est le cas de Valerij Sokolov et Valerij Matjuschenko.
=> Pour mieux connaître leurs histoires cliquez ici.
Nous faisons ici un APPEL pour les aider
Vous pouvez aider en faisant un don sur le compte bancaire
IBAN LU28 0099 7800 0064 0276 (CCRALULL)
de notre association Pour la Paix et contre la Guerre asbl
avec la mention « Aide pour Sokolov et Matjuschenko »
ou par Payconiq (seulement Benelux)
2. Compte rendu de la 8ème Assemblée générale
Le samedi 29 mars 2025 a eu lieu, de 9h30 à 12h00, la 8ème Assemblée générale à Bascharage (L). Voici le compte rendu des activités et des aides fournies par l’association pendant l’année 2024 ainsi que les projets qu’elle envisage pour le futur.
=> Pour lire les détails cliquez ici.
Recevez mes salutations de paix,
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Compte rendu de notre 8e assemblée générale 2025
Le samedi 29 mars 2025 a eu lieu, de 9h30 à 12h00, la 8ème Assemblée générale à Bascharage (L). Voici le compte rendu des activités et des aides fournies par l’association pendant l’année 2024 ainsi que les projets qu’elle envisage pour le futur.
1. Ouverture de la séance par le président
Le président de l’association Ad Pacem servandam souhaite la bienvenue à tous les membres présents, membres cotisants et membres du comité. Le secrétaire Renaud Cecconi est excusé comme il devait travailler ce samedi à la pharmacie et n’a pas pu se libérer.
Le président présente l’ordre du jour : l’ouverture de la séance, le rapport des activités 2024, le rapport financier 2024, le rapport du réviseur de caisse et le budget prévisionnel pour 2025, avec un Divers à la fin.
Le président se propose comme président de séance et propose Christian Welter comme secrétaire. Tous sont d’accord.
En début de séance, le président remarque que les derniers douze mois, la valeur que constitue la justice internationale s’est dégradée. Le Tribunal international n’arrive pas à se faire entendre ni à citer en justice les responsables des guerres en cours, surtout celle de la Russie contre l’Ukraine. La paix est exposée à des marchandages et la justice contre les responsables de ces guerres n’est pas appliquée. En tout cas, on ne le remarque pas, ni dans les médias ni dans la réalité.
Les idéaux de justice, de paix et de liberté qui prévalaient depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale sont en train de changer. Ce ne sont plus les mêmes et leur signification est changée par des politiciens et par des journalistes. Les discours de certains responsables politiques pervertissent le sens de ce qu’est la paix et la justice. Les valeurs qui viennent de l’économie prennent le dessus sur les valeurs et les idéaux politiques de liberté, de justice et de paix. Le fait de garantir la paix est soumis à d’autres critères qui ne prévalaient pas avant. L’importance que prennent les médias dans la diffusion des nouvelles est énorme. Sur les mêmes faits, il y a des informations contraires qui sont diffusées. Le peuple se retrouve divisé en ceux qui croient ce qui est vrai et juste et ceux qui ne croient pas. Cela devient plus difficile quand la vérité n’est pas claire à comprendre. Les médias et les réseaux sociaux décident de ce que le gens doivent ou peuvent penser.
Après cette introduction, la vice-présidente, Natalya Pantaleoni, dit un mot sur le regretté Oleksij Savkevich.Nous avons reçu le samedi 15 mars la nouvelle de sa mort au front. Nataly a connu Oleksij lorsqu’il était étudiant en sciences politiques à l’université de Donezk dans les années quatre-vingt-dix. Lorsque les Russes avaient occupé la ville en 2015, il s’était réfugié avec sa famille à Avdijwka et y avait organisé pendant plusieurs années un Festival de culture ukrainienne pour les jeunes. C’est pour soutenir ce Festival que notre association l’avait invité en 2019 au Luxembourg, lui permettant de témoigner de l’agression russe. Avec le bénéfice d’un Concert de bienfaisance, nous avions acheté les instruments de musique pour un groupe de musiciens dont il était un des responsables.
La vice-présidente rappelle que chaque jour, il y a beaucoup de jeunes soldats ukrainiens qui meurent au front. C’est en apprenant la mort de notre ami Oleksij que nous pouvons ressentir la peine profonde que ressentent les familles ukrainiennes qui perdent un des leurs au front.
Il y a eu une minute de silence à la mémoire d’Oleksij Savkevich.
Lire la suite « Compte rendu de notre 8e assemblée générale 2025 »Newsletter 39
1. L’European Summer School à Sarajevo du 1er au 15 juillet 2025
Nous avons le plaisir de vous annoncer la première édition de l’European Summer School à Sarajevo du 1erau 15 juillet de cette année.
Notre association « Ad Pacem servandam – Pour la Paix et contre la Guerre » soutient cette initiative grâce à une Convention qu’elle a signée en début de cette année avec les trois facultés de théologie de Bosnie-Herzégovine qui sont à l’origine de l’European Summer School Sarajevo : il s’agit de la faculté de théologie catholique, de la faculté des Études islamiques et de la faculté de théologie orthodoxe Saint Basile d’Ostrog.
=> Convention Ad Pacem – Theological Faculties Sarajevo
Trente ans après la fin de la guerre des Balkans (1992-1995), les trois grandes communautés religieuses de Bosnie Herzégovine savent que vivre ensemble en paix nécessite l’apport de tous, aussi et surtout des fidèles de ces religions.
L’European Summer School à Sarajevo permet à des croyants des trois religions de mieux se connaître pour être, chacun à sa place, des bâtisseurs de paix.
En même temps, elle est ouverte à celles et à ceux de Bosnie-Herzégovine et de l’étranger qui veulent connaître les traditions religieuses importantes de ce pays et de ses particularités multiculturelles.
Nous vous invitons, pour cela, à lire le programme sur les flyers ci-joints qui explique bien tout ce qui a trait aux études ainsi qu’à la partie plus touristique. Vous découvrirez entre autres des lieux importants et magnifiques de la Bosnie-Herzégovine.
=> 2025 Summer School Sarajevo Flyer
=> 2025 Summer School Sarajevo Program
Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à programmer, dès maintenant, votre séjour à Sarajevo !
2. Bike for climate – bike for peace le 11 mai prochain
Vous êtes tous invités à participer à notre prochain bike le dimanche 11 mai en Sarre.
Vous aurez la possibilité de parcourir à vélo ce beau paysage de notre Grande Région, d’expérimenter les bienfaits du vélo pour la santé et l’échange en groupe.
En cliquant sur le lien ci-joint, vous découvrez le parcours et son côté culturel. Chacun devra apporter son repas pour la pause de midi. Plusieurs pauses intermédiaires sont également prévues.
=> Ad Pacem Bike Tour 8 (Merzig-Losheim-Saarschleife)
Le départ est vers 9h00 ou 9h15 sur le parking du centre-ville à Merzig, où nous laissons nos voitures que nous retrouverons à la fin de la journée.
Vous êtes tous cordialement invités à nous rejoindre. Nous nous déplacerons en covoiturage. Prévenez-nous à l’avance de votre participation par mail ([email protected]) ou en nous téléphonant au +352 621 280 850 ou par simple SMS.
Espérant vous rencontrer lors de cette sortie à vélo,
toute l’équipe d’Ad Pacem vous souhaite de belles Fêtes de Pâques.
Pour le comité,
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Notre guerre et le retour du crime de masse
Toute la conférence
Le samedi 15 mars 2025, à 15h00, le président de l’association Ad Pacem servandam Claude Pantaleoni souhaite la bienvenue aux personnes qui sont venues assister à la conférence de M. Nicolas Tenzer. Celui-ci a été invité pour une conférence au Salon du Livre et des Cultures au Kirchberg à Luxembourg, conférence qui porte le titre « Notre guerre et le retour du crime de masse. »
Dans son introduction, le président présente le monde occidental et l’Europe qui semblent actuellement plus faibles que la plupart des gens pensent ou veulent bien admettre. On peut le constater chaque jour par le va-et-vient des responsables politiques européens qui ne savent pas comment arrêter l’agression militaire de la Russie contre le peuple ukrainien.
Les exactions perpétrées jusqu’à maintenant par la Russie contre la Syrie et l’Ukraine suffisent largement pour condamner le régime poutinien de crimes contre l’humanité et de génocide. Mais depuis des décennies, si on y ajoute la guerre russe en Tchétchénie, il n’en est rien. Il y a des instances (internationales) qui disent que ce sont des crimes contre l’humanité, mais rien ne se passe concrètement. Comment comprendre alors nos démocraties occidentales qui se disent porteuses des droits de l’homme et de leur défense, comment comprendre que nos démocraties continuent à le dire alors qu’en fait, elles n’en font rien ? Et depuis des décennies, nous clamons haut et fort qu’il ne faut plus avoir d’autre Auschwitz. Comment les Européens en sont-ils arrivés à ce point, après la terrible expérience de la Deuxième Guerre mondiale ?
Pour aborder ces questions et la situation européenne actuelle, marquée par des enjeux majeurs pour l’humanité, le comité d’Ad Pacem a décidé d’inviter M. Nicolas Tenzer, auteur du livre récent Notre guerre. Le crime et l’oubli. Pour une pensée stratégique.
L’auteur est remercié d’avoir accepté l’invitation au Luxembourg. Lui est connu pour dire des vérités que beaucoup ne disent pas, de nommer les responsables (des guerres), de faire des analyses pertinentes qui dévoilent les mauvaises politiques et leurs responsabilités camouflées, comme c’est le cas pour la guerre en Ukraine.
Le président se pose la question si on est en droit de se demander si le retour du crime de masse voudrait dire que l’Histoire se répète. Or beaucoup répondent que cela n’est pas possible, vu que le monde occidental serait mû par la dynamique du progrès.
A la fin de la présentation du conférencier sont présentés ses trois livres proposés à l’achat sur place après la conférence.
- Les valeurs des modernes, paru en 2003
- Quand la France disparaît du monde en 2008
- Notre guerre. Le crime et l’oubli. Pour une pensée stratégique en 2025
Une minute de silence pour Oleksij Savkevich
Avant de donner la parole à Tenzer pour sa conférence qui porte le titre: « Notre guerre et le retour du crime de masse », le président d’Ad Pacem servandam rappelle qu’en ce même jour, il a reçu la nouvelle de la mort d’un ami de l’association, Oleksij Savkevich, qui avait aussi été invité, il y a quelques années, au Luxembourg et qui vient de tomber sur le front près de la ville de Dnipro. Le président dit être mentalement et spirituellement dans le deuil et passe la parole à Natalya, la vice-présidente, qui connaissait bien Oleksij pour qu’elle le présente brièvement :
« Quelques-uns se rappellent peut-être d’Oleksij qui était venu avec sa fille pour faire un concert de bienfaisance, pour récolter l’argent pour un petit groupe de musiciens et organiser le Festival ukrainien à Avdiivka. Cette ville a été rasée par les Russes et, malheureusement, Oleksij vient de partir aussi. Il est mort comme meurent chaque jour de cette terrible guerre beaucoup de militaires et civils. Je propose de commencer cette session par une minute de silence pour commémorer, non seulement cette mort concrète, mais tous ces morts innocents qui arrivent en ce moment en Ukraine. »
(1 minute de silence)
Le président donne ensuite la parole à M. Tenzer.
M. Tenzer remercie pour l’invitation et salue tous ceux qui sont venus à cette conférence.
Tenzer dit que cet assassinat d’Oleksij est sans doute une information douloureuse mais pertinente pour introduire sa conférence et son propos.
Guerre d’extermination russe contre le peuple ukrainien
La guerre russe contre l’Ukraine, c’est d’abord une guerre qui tue massivement et délibérément. C’est une guerre qui tue des civils et des militaires. Des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes meurent assassinés parce qu’ils sont ukrainiens. Cela n’est pas sans rappeler des épisodes passés de l’Histoire, quand jadis les Nazis tuaient les Juifs parce qu’ils étaient juifs ou quand les Turcs tuaient des Arméniens parce qu’ils étaient Arméniens ou encore, quand les Hutus au Ruanda tuaient les Tutsis parce qu’ils étaient Tutsis. C’est une guerre d’extermination que livre aujourd’hui la Russie contre l’Ukraine. Tenzer rappelle que le président d’Ad Pacem, dans son introduction, a eu raison de dire : depuis vingt-cinq ans alors que Vladimir Poutine est au pouvoir, ce sont des centaines de milliers de vies qui ont disparu du fait de cet État russe. Des centaines de milliers de vies en Tchétchénie, en Géorgie, en Syrie (où la Russie a tué plus de civils syriens que même Daech n’en a tué), en Ukraine depuis 2014 par l’invasion du Donbass et la soi-disant invasion de la Crimée. Il faut par ailleurs se garder de la fiction souvent présentée dans les médias de séparatistes au Donbass. La réalité est que, dès 2014, des Russes ont pénétré dans le Donbass pour y assassiner. Quatorze mille personnes (14.000) ont été tuées entre 2014 et le vingt-quatre février 2022, le début de la guerre totale. C’est une longue litanie de crimes qui ont chaque fois des visages. Au-délà de ces meurtres directs, il y a les mutilations. L’Ukraine est un pays de mutilés, de militaires qui ont perdu leurs bras, leurs jambes, leurs yeux, leurs visages. Mais aussi des civils sont délibérément pris pour cible dans les bombardements. Ce ne sont pas des dommages collatéraux ou des erreurs, mais la population ukrainienne est prise délibérément pour cible dans les bombardements sur les immeubles d’habitation, sur les marchés, les hôpitaux, les maternités, les airs de jeux, les gares. Et il faut rappeler que dans les zones occupées par la Russie (à peu près 20% du territoire ukrainien), on assiste chaque jour à des viols de masse, parce que le viol est aussi une arme de guerre, et à des tortures. Dans chaque village conquis par les Russes, ce sont des chambres de tortures qui sont installées par l’occupant. On y assiste à des exécutions sommaires, parfois d’enfants devant les yeux de leurs parents. Tout ceci est parfaitement documenté. Puis des enfants ukrainiens sont déportés en Russie par dizaines de milliers pour être enlevés à leurs parents, à leurs familles, et être russifiés, pour être préparés à la guerre qu’ils livreront un jour contre leur propre peuple, enfants dont on supprime l’identité et dont on anéantit l’histoire. Il faut bien rappeler qu’en vertu de la Convention de 1948 contre la répression et pour la prévention des crimes de génocide, il s’agit d’un acte de génocide. En fait, les quatre catégories de crime qui ont été établies lors du procès de Nuremberg contre les dignitaires de l’Allemagne nazie et qui sont passées dans le droit internationale sont : le crime de guerre, le crime contre l’humanité, le crime de génocide et le crime d’agression. Ces quatre catégories de crime ont été commises par la Russie. Le bombardement délibéré des hôpitaux, des écoles et des marchés, la Russie l’a fait aussi en Syrie de manière systématique. Quand des écoles et des marchés sont bombardés, les secouristes arrivent pour sauver, pour nettoyer, pour essayer de trouver encore quelques signes de vie au milieu de ces décombres. Et les Russes pratiquent, en Ukraine comme en Syrie, ce que l’on appelle la deuxième frappe pour faire encore plus de morts. Non seulement les premières victimes ont été tuées et mutilées, mais ensuite ce sont les secouristes mêmes qui sont à leur tour attaqués. Ceci est répété systématiquement, ajoutant à chaque fois le crime au crime, l’abomination à l’abomination.
Destruction du patrimoine culturel et cultuel
Ce qui renforce encore plus la thèse du génocide, c’est que systématiquement, ce sont aussi le patrimoine culturel et cultuel (dont les églises) qui est visé par la Russie. Des inventaires ont été faits de tous ces monuments, de ces vieilles demeures, de ces cimetières, très souvent des cimetières orthodoxes, chrétiens, juifs et musulmans qui ont été pris systématiquement pour cible par les frappes russes. Là aussi, les Russes sont mûs par une volonté d’anéantir tout simplement le peuple ukrainien, sa culture, son existence même. À l’intérieur de l’Ukraine multiethnique et multiculturelle, une population surtout est particulièrement prise pour cible : ce sont les Tatars de Crimée, une population musulmane qui avait été déportée massivement et presque exterminée par Staline en 1944. Dès 2014, cette population est prise sans relâche pour cible avec des arrestations, des déportations, des exécutions. Mais aussi avec une volonté de faire disparaître le patrimoine propre des Tatars de Crimée qui est une partie intégrante du peuple ukrainien. Tout ceci est systématiquement et délibérément exécuté, mais aussi documenté. Et, comme si ce n’était pas assez : on sait que la Russie fait systématiquement des prisonniers de guerre ukrainiens qui sont emportés en Russie. Certains sont exécutés sur place, totalement à l’encontre des Conventions de Genève ; d’autres sont systématiquement torturés et affamés. Lors des échanges de prisonniers, car l’Ukraine tient à chaque vie humaine de ses habitants, les prisonniers qui reviennent sont traumatisés par tout ce qu’ils ont subis. Parfois ils ont perdu leur mémoire ou la parole, d’autres ont perdu trente kilos et on voit les traces sur leurs corps des ensembles de sévices qui leur ont été infligés.
Après Auschwitz, après Srebrenica, on a dit : « Plus jamais ça! » Tenzer rappelle qu’on peut aussi évoquer les autres massacres de masse qui ont jalonné le 20e siècle. Au 21e siècle, on assiste exactement à la même chose, à la volonté d’anéantissement total d’un peuple de manière systématique, sans aucun respect. Et devant tout cela, Tenzer constate un certain silence alors que l’alerte sur les pratiques de la Russie a été donné depuis vingt ans. Il explique que c’est un État avec lequel il n’est pas possible de trouver le moindre compromis, avec lequel il n’est pas possible de négocier. Il n’y a qu’à voir la manière dont Poutine est arrivé au pouvoir en 1989 quand il était premier ministre. Il se présenta à l’élection pour la présidence, pour remplacer Boris Eltsine. Comme il craignait de ne pas être élu, il a essayé de souder la nation autour de lui en déclenchant la seconde guerre de Tchétchénie. Qu’est ce qui était à l’origine de cette seconde guerre de Tchétchénie, quel en était le signal de départ, l’élément déclencheur, et par qui orchestré ? Trois immeubles dans la région de Moscou avaient été détruits par des bombes faisant à peu près trois cents victimes. Poutine dit tout de suite que c’étaient les terroristes tchétchènes qui étaient à l’origine. Et de là la phrase de Poutine : « Il faut poursuivre les terroristes jusqu’à leurs chiottes. » Sauf que la réalité avait été toute différente ; c’étaient les agents du FSB, du service de sécurité russe, qui avaient fait exploser ces immeubles pour donner à Poutine un prétexte pour déclencher cette guerre.
L’ascension dans le sang du mafieux Poutine
Donc, la naissance même du régime russe actuel est une naissance sanglante, avec les services secrets qui n’ont pas hésité à assassiner trois cents citoyens russes pour permettre au mafieux Poutine d’arriver au pouvoir. Le livre de la journaliste britannique Catherine Belton Les Hommes de Poutine (paru en 2021) est un ouvrage qui retrace toute la généalogie de sa carrière. Avant d’intégrer le pouvoir russe, Poutine était un homme du KGB à Dresde, grande ville de la RDA, avec l’objectif de déstabiliser la RFA. Poutine lui-même a eu un rôle intéressant à ce moment-là qui a été de fournir des renseignements et probablement des armes à un groupe qui s’appelait la « Rote Armee Fraktion » (la fraction armée rouge), autrement dit la Bande à Baader, une organisation terroriste allemande qui a commis des attentats sur le sol allemand. L’ascension politique de Poutine a été sanglante. Il s’est associé à tous les mafieux des bas-fonds de Saint Pétersbourg qui trafiquaient les armes, la drogue, les femmes, etc. Puis il y a eu la montée jusqu’à ce qu’il devienne collaborateur du maire Sobchak de St Pétersbourg, qui a regretté plus tard d’avoir apporté son aide. Tenzer dit ne pas aimer appeler Poutine président mais plutôt Toto Rina, le grand chef de la maffia sicilienne, un des mafieux les plus sanglants d’Italie. Et c’est ça la réalité du régime russe : un régime fondé sur le sang versé et sur la prédation des richesses. Alors que la corruption existait sous Eltsine, Poutine n’a fait que multiplier cette corruption à l’intérieur de la Russie et n’a pas arrêté de faire le malheur de son propre peuple.
Selon Tenzer, il faut parler du crime de masse de la Russie et il regrette personnellement que la plupart des dirigeants (européens) n’en parlent pas. Lui-même faisait partie d’un petit groupe d’intellectuels en France qui en 2018 demandaient le boycotte de la Coupe du monde de football qui se tenait en Russie. Ils se demandaient comment il était possible pour les dirigeants occidentaux d’accepter d’aller en Russie serrer la main de Poutine, d’aller tutoyer M. Poutine, d’aller, comme certains l’ont fait, le féliciter pour l’extraordinaire organisation de cette Coupe du monde alors que les clameurs des supporters réduisaient au silence les cris des victimes. C’est la réalité de ce qui s’est passé en ce moment-là. Il y a là une sorte de blanchiment qui se fait car il faut se rappeler la non-réaction des dirigeants occidentaux en 2008 avec l’absence d’intervention lorsque la Russie a capturé 20% du territoire géorgien, concrètement l’Abchasie et l’Ossétie du Sud. Absences aussi de réactions en 2013 en Syrie, lorsque Bachar el Assad, l’allié de Poutine, gazait son propre peuple ; lorsque Obama refusa de mettre en application les lignes rouges qu’il avait lui-même édictées ; en 2014, absence d’intervention en Ukraine et en 2015 et 2016 lors du siège et la chute d’Aleppe, alors que nous étions nombreux en France, en Europe, aux Etats-Unis mêmes à demander que soit mis en place une zone de non-survol. Absences totales en 2009, un an après la guerre contre la Géorgie quand le G7 voulait un nouveau départ pour les relations américano-russes. Et puis, on a eu en 2017 le projet de sécurité de confiance avec la Russie pour essayer de réengager la Russie. Entre-temps, il y a eu, avec la complicité des Allemands et des Français, le projet de gazoduc North Stream 2 qui aurait mis l’Allemagne encore plus sous la dépendance du gaz russe. Et il y eut le chancelier allemand Gerhard Schroeder qui siégeait au conseil d’administration de Gazprom, comme dans celui de plusieurs sociétés russes. On voit qu’il y a eu une longue liste de complicités (européennes) avec ce régime russe, malgré le crime de masse qu’il avait déjà perpétré.
Fausses bienveillances envers la Russie
En 2014 et en 2022, certains dirigeants disaient qu’il fallait peut-être discuter avec Poutine, qu’il fallait apporter des garanties de sécurité à la Russie et qu’il était possible que nous, les Européens, ayons eu notre part de culpabilité. Ont ressurgi tous les vieux poncifs de la propagande russe qui disent que l’OTAN n’aurait pas dû s’élargir, ou qu’il y avait des promesses de ne pas l’étendre vers l’est. Alors que ce sont des promesses qui n’ont jamais existé pour la raison simple qu’à l’époque où les promesses auraient été faites, l’URSS existait encore. Certains ont même dit qu’il faudrait reconnaître ou comprendre les Russes. Il y a un terme en allemand qui le dit bien, c’est « Putinversteher » (comprendre Poutine), comprendre le fait que la Russie se sent encerclée. Mais en réalité, l’Ouest n’a pas arrêté de tendre la main à Poutine. Lors de la signature en 1997 de l’Acte Unique, il y a eu un accord entre l’OTAN et la Russie de Eltsine qui s’est poursuivi jusqu’en 2014. Et Tenzer d’évoquer aussi la politique de l’Union Européenne qui s’appelait « Russian first policy », la priorité accordée à la Russie. Des responsables politiques européens allaient six fois par an en Russie pour discuter avec les Russes ; ils n’allaient même pas une fois par an en Ukraine et en Géorgie. Il y avait une sorte de fascination russe qui avait imprégné les élites française, allemande, américaine et de quelques autres pays. Et, à chaque fois, les crimes russes étaient complètement bannis des rencontres.
Que se passe-t-il depuis le 24 février 2022, date de l’invasion totale de l’Ukraine que Tenzer appelle guerre d’extermination que la Russie livre à ce pays ? Certains prétendent qu’il y a une sorte de réveil chez les dirigeants européens, réveil que Tenzer considère cependant comme petit réveil, plutôt un état de somnolence, après trois ans de guerre. Les pays occidentaux ont bien fourni des aides à l’Ukraine, les sanctions ont été augmentées à l’encontre de Moscou. Mais, selon le conférencier, ces mêmes pays occidentaux sont restés à mi-chemin. La réalité à retenir, c’est que les Américains et les Européens ont certes donné à l’Ukraine des armes pour éviter que la Russie ne puisse complètement conquérir le pays. On a donné à ce pays certains moyens pour se défendre, mais de manière lente et progressive. Il y a eu même un débat surréaliste et complètement infâme de ne vouloir livrer à l’Ukraine des armes offensives. Il fallait seulement lui donner des armes défensives bien qu’il soit difficile de faire toujours la distinction entre les deux. Car il ne fallait pas risquer l’escalade. On évite de faire face aux responsables des crimes ! Et on parle de ne pas risquer de guerre entre l’OTAN et la Russie, comme disait l’administration Biden. C’est le récit qu’on entend toujours : « Il ne faut pas risquer de troisième guerre mondiale ». Celui-ci, comme tous les autres, sorte du livre des recettes du Cremlin qui a surtout deux types de propagande d’intimidation: il y a la propagande dure et puis il y a les propos, apparemment beaucoup plus mesurés, qui consistent à dire que c’est la faute à l’OTAN ou que l’on risque la catastrophe nucléaire. Et petit à petit les esprits de certains dirigeants occidentaux ont été gagnés par ces récits. Pour Tenzer, cela est inquiétant car beaucoup se sont auto-dissuadés. Il y a eu aussi un moment où les dirigeants européens « ont acheté » les lignes rouges de la Russie : « il ne faut pas toucher à la Crimée ; si on frappe sur le sol russe, le feu nucléaire va partir », mais les Ukrainiens le font de plus en plus et, selon le conférencier, ils ont bien raison et lui-même regrette qu’on ne les aide pas à le faire davantage. Ils le font par eux-mêmes, par leur intelligence et leur ingéniosité technologique. Les peurs des occidentaux ne se sont pas avérées justes !
Un discours insidieux qui prolifère beaucoup, en ce moment, c’est le discours repris par un certain nombre de journalistes, involontairement ou par ignorance, qui prétend que la Russie est trop grande pour pouvoir tomber (to big to fail). Alors que ce pays est voué en réalité, selon Tenzer, à un déclin certain d’ici dix, vingt, trente ans, sans que l’on puisse savoir exactement quand ce sera le cas. Sur le plan démographique, il va s’effondrer. Alors même que la situation en Russie, du point de vue économique n’est pas rose, avec un taux d’inflation de 20% et un taux directeur de la Banque centrale russe de 21 %. Les prêts des entreprises et des particuliers s’élèvent à 25 et 30 %. L’état des infrastructures (écoles, hôpitaux, etc.) n’est pas bon et c’était un des pays les plus atteints lors de la COVID 19. Le pays n’a pas de grandes chances de s’en sortir facilement et le peuple russe n’est pas à envier.
L’Europe doit augmenter son soutien à l’Ukraine
Le deuxième discours dit que les Ukrainiens ne peuvent pas l’emporter. Mais la réalité est, selon Tenzer, que ce que font les Ukrainiens se laisse voir. Parce l’Europe n’a pas livré assez d’armes à l’Ukraine, en 2024 la Russie a conquis 3.865 km2, c.-à-d. 0,6 % du territoire ukrainien. Si cela devait continuer à ce rythme, il faudrait cependant 80 années à la Russie pour conquérir toute l’Ukraine. Avec la rupture du renseignement américain pendant huit mois, les Ukrainiens ont quand même réussi à attaquer la seconde armée du monde sur le territoire russe de Kursk. Quand on voit le succès des drones ukrainiens avec 1,5 millions de drones produites en 2024, et en 2025 la production sera de 3 millions, 30.000 drones à longue portée, plus 4.000 missiles. Tout est fait par les Ukrainiens eux-mêmes, non par des entreprises étrangères. Il n’y a pas de raison de penser que l’Ukraine puisse être défaite. Par contre, il faut que l’engagement européen aille plus loin.
En ce qui concerne les sanctions occidentales depuis 2014, il y a eu trop de propagande négative et des réticences qui disent qu’elles nuisent aux agriculteurs, aux producteurs et industriels européens. Il y a eu des répercussions mais pas des nuisances globales à long terme. Cela a été la même chose avec toutes les sanctions qui ont suivi les années d’après.
« L’amitié Trump Poutine » fausse tout
Or, il faut aussi se rendre à l’évidence qu’aujourd’hui encore, l’Europe continue à importer du gaz naturel liquéfié russe et des produits d’origine fossile. L’Europe n’a pas mis en place des sanctions secondaires ou extraterritoriales à l’égard d’un certain nombre de pays comme l’Inde, les émirats arabes et la Chine qui continuent leur commerce avec la Russie. On sait aussi que par le biais d’un certain nombre de pays comme le Kazakstan, le Kirgistan, on a des produits avec des composants à double usage européens ou américains qui continuent de parvenir en Russie. Tout ceci n’est pas sérieux. En outre, l’Europe se trouve aujourd’hui à un tournant politique à cause de l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. On sait qu’il a des liens anciens sur le plan financier avec la Russie qui datent d’avant Poutine. Les Russes ont sauvé à plusieurs reprises l’empire immobilier de M. Trump d’une faillite totale, ce qui fait qu’il leur est redevable. Ce qui est peut-être plus dangereux, si l’on regarde l’équipe actuelle qui entoure et conseille Trump, c’est la connivence idéologique totale entre Trump et l’idéologie poutinienne. L’un et l’autre ne font pas la différence entre les victimes et les coupables, entre l’agresseur et l’agressé, le droit international et national. L’un et l’autre sont d’avis que la force permet de réviser les frontières en violant l’ensemble des dispositions légales contenues dans la Charte de l’OSCE, ou Charte de Paris de 1990 qu’on ne peut pas réviser les frontières par la force. Donc, on est face à la même idéologie et l’indifférence à la vérité ; ce que certains appellent l’ère de la post-vérité. Il y a un certain alignement idéologique entre l’Amérique et la Russie. D’ailleurs, l’Amérique de Trump a voté contre la résolution des Nations Unis qui qualifiait la Russie d’agresseur, ensemble avec une minorité constituée par la Corée du Nord, la Chine, Israël et quelques autres pays.
La paix trumpienne prépare la prochaine guerre
Ensuite, on a vu Trump qui voulait faire la paix en un jour, en trois mois !
Mais la paix de Trump est une paix qui prépare la guerre suivante car elle repose sur l’oubli des crimes de masse commis par la Russie, une paix qui enterre une seconde fois les soixante-dix mille victimes de Marioupol assassinés par les Russes, les victimes de Boutscha, les victimes d’Isjum et d’autres lieux. La Paix qui dit finalement que la Russie peut conserver les territoires alors même que l’on sait que dans l’ensemble des territoires occupés par la Russie, ce sont des tortures, exécutions sommaires, viols de masse, déportations d’enfants qui ont lieu.
Est-ce que l’Europe veut donner à M. Poutine une licence de tuer comme certains ont une licence de chasse ? Est-ce que les démocraties occidentales ont le droit de faire cela ? Et si la morale et la dignité de l’homme ne comptent pas, si la punition des crimes n’importe pas, on peut quand même penser à la sécurité de l’Europe.
C’est une fausse paix de Trump qui s’établit avec Poutine, car ce dernier a déjà violé une centaine d’accords et de conventions internationaux.
Ceci voudra dire que les prochains sur la liste de Poutine seront nous, les Européens. On peut s’attendre à des cyber-attaques contre des hôpitaux, contre des signalisations routières et des chemins de fer, qui peuvent entraîner la collision de voitures et de trains. On peut s’attendre à des attentats terroristes et des incendies volontaires en Europe. Le but de Poutine est de détruire les règles fondamentales de nos démocraties. Il pourra réussir s’il aura la possibilité de le faire.
Aujourd’hui, on ne peut pas faire la paix avec Poutine. Il n’y a pas d’autre solution qu’une victoire sur la Russie. Elle est possible, encore faut-il le vouloir politiquement, tout en restant lucide sur ce qui est en train de se préparer. Si on n’a pas cette conscience, c’est de l’intérieur que nos démocraties seront défaites. Il y a des forces politiques qui poussent dans ce sens, qui proposent un autre modèle que celui de la démocratie libérale et de la liberté. Dans la guerre qui est en train de se jouer, les Européens devront gagner. Une députée ukrainienne a dit : « Si nous continuons le combat, des milliers des nôtres vont mourir. Si nous cessons le combat, ce seront des millions ».
Questions du public
Question : Est-ce que les dirigeants européens sont conscients ou ignorent-ils le grand danger du régime poutinien et des crimes de masse qu’il est en train de perpétrer ?
Tenzer répond que chez les dirigeants européens, il y a une conscience tardive de la menace réelle de la Russie. Et il y a une forme d’effroi devant la radicalité de l’entreprise russe. S’ajoutent une dissonance cognitive entre la conscience du danger et le refoulement du caractère absolu de la guerre. Et il y a la tentation de ramener toujours cette guerre dans une forme de guerre classique, même si celle-ci n’a jamais existé. Il y a la conscience qu’on n’a jamais gagné une guerre en l’évitant. Il est compréhensible que pour des dirigeants, ceci soit quelque chose d’effrayant et de tragique. C’est pourquoi certains dirigeants hésitent à nommer les crimes de masse perpétrés par la Russie.
Question : On parle souvent qu’on risque une troisième guerre mondiale. Est-ce que c’est une vraie possibilité ou est-ce une excuse pour ne pas s’engager plus et défendre davantage les Ukrainiens ?
C’est un récit forgé surtout par la Russie pour des raisons intérieures, pour que le peuple russe emprunte des schémas et des idéologies assez anciennes. Comme le fait le vice-président Medvedev et le soi-disant patriarche Cyrille qui évoque les quatre cavaliers de l’Apocalypse, qui parle de la rédemption et qui parle des soldats russes tués, qui iraient au paradis où ils jouiraient des vierges comme le font les djihadistes de l’État islamique. On note ici des similarités entre les radicaux islamistes et la Russie d’aujourd’hui.
Redouter une troisième guerre mondiale nucléaire ne semble pour Tenzer pas réaliste pour la simple raison que Poutine aussi tient à sa vie si on voit toutes les précautions qu’il prend (quand il se déplace, il emmène sa propre nourriture, tables longues pour accueillir ses hôtes pendant la Covid, etc.). Ce sont des manières inédites pour les autres dirigeants des grandes puissances mondiales, comme Trump ou Xi Jinping. Poutine alimente une paranoïa, une peur invraisemblable de la mort. Tenzer pense que c’est plutôt un argument rhétorique, même s’il n’y a pas de risque zéro absolu. Même Biden avait reconnu que le risque est très petit.
Dans le cas d’une troisième guerre mondiale conventionnelle, la Russie ne tiendrait pas deux jours selon Tenzer, quand on compare les forces russes avec celles de l’OTAN.
Question : Comment comprendre le paradoxe que la Russie ne tiendrait pas deux jours dans une guerre conventionnelle avec l’OTAN et le fait que la Russie est une menace pour l’Europe ?
Pour revenir au paradoxe, il faut d’abord, selon Tenzer, voir les crimes de masse commis par la Russie. Nier ces crimes de masse c’est comme nier la Shoa ou le génocide arménien ou le génocide commis par les Hutus sur les Tutsis. On est alors dans le négationnisme. Celui qui ne reconnaît pas ces crimes de masse est du côté de la Russie. A partir de là, le négationniste peut dire ce qu’il veut, mais sa parole est totalement invalide.
Il y a effectivement un paradoxe. Aujourd’hui, la Russie est à la fois faible et forte. Faible par rapport à ce qu’elle pensait être, c.-à-d. la seconde armée du monde. Elle a eu des problèmes sur le terrain dans sa guerre à l’Ukraine et elle peut parfaitement être vaincue. Mais elle est forte vis-à-vis de notre faiblesse. Car nous n’avons pas donné assez d’armes à l’Ukraine, nous ne sommes pas intervenus en Géorgie, nous n’avons pas stoppé les crimes de masse qu’elle a opérés en Syrie. A cause de cela, elle s’est renforcée. Si l’Occident était intervenu en 2008 pour arrêter la progression de la Russie, nous n’en serions pas dans cette situation aujourd’hui. Et des centaines de milliers de victimes auraient été concrètement sauvées. Tenzer veut être du côté de celles et ceux qui ont été délibérément assassinés par la Russie. Si on laisse maintenant trois ans ou cinq ans à la Russie et que les Etats-Unis enlèvent les sanctions, elle va devenir encore plus dangereuse. Elle va se réarmer et la crédibilité de l’Occident dans sa capacité de dissuasion va diminuer. Le risque d’une Russie plus forte va augmenter. C’est là une réalité économique et militaire.
Il y a aujourd’hui une vraie occasion de défaire militairement la Russie en Ukraine. Si nous ne le faisons pas, la Russie se renforcera et deviendra une menace beaucoup plus importante qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Question : Comment le conflit russo-ukrainien remet-il en cause le modèle traditionnel de Clausewitz de la guerre ?
S’il y aura une paix entre la Russie et l’Ukraine, est-ce que ce pourra être un traité de paix de type westphalien qui veut un certain équilibre des puissances ? Il faudra alors réduire la force de la Russie pour diminuer sa volonté expansionniste.
A la première question, Tenzer répond qu’il n’y a pas un vrai modèle de guerre dans cette guerre russo-ukrainienne. Chaque guerre est différente, même si chacune emprunte des caractéristiques à des guerres du passé.
Si on essaie de comprendre la guerre de 2014 à 2022, c’était déjà une guerre de destruction qui visait, en partie, à annéantir le peuple ukrainien, même si on n’était pas dans le schéma de la guerre totale comme il est mis en place à partir de février 2022. On vise maintenant, à côté des militaires, la population civile, et les Russes veulent subjuguer totalement le pays. En même temps, du côté russe, on essaie de diffuser une série de récits de plus en plus invasifs que ne pouvaient faire les combattants des guerres antérieures. La propagande russe est beaucoup plus invasive que la propagande nazie, aussi parce qu’elle a des technologies qu’on n’avait pas à l’époque de la Seconde guerre mondiale. L’utilisation des drones est une chose qui est très présente dans cette guerre, car c’est une arme décisive sur le champ de bataille.
A la deuxième question, Tenzer répond qu’il y a de bons exemples de traités de paix qui ont été faits après 1945. Il y a le traité de paix entre l’Allemagne et les puissances alliés. Du moment que l’Allemagne était devenue une démocratie, avec des restrictions de réarmement, on a très bien pu mettre en place un traité de paix. Mais avoir un traité de paix avec la Russie actuelle, c’est juste la promesse d’une nouvelle guerre. La Russie a violé plus de cent traités et de conventions internationales.
Avoir un traité de paix avec la Russie d’aujourd’hui est le contraire d’un traité de paix. Si c’est pour donner la possibilité à la Russie de recommencer, ce n’est rien d’autre qu’un jeu de dupes tragiques dont les conséquences en termes de morts seront épouvantables.
Question : Pendant ces trois ans de guerre, on dit que l’Ukraine ne doit pas gagner et que la Russie ne doit pas perdre. Avec les Etats-Unis de Trump, nous sommes dans ce paradigme, et on doit se demander jusqu’à quand cela va continuer. Est-ce qu’il y aura des changements de paradigme ?
Tenzer pense qu’avec Trump, la situation ne va pas s’améliorer. La plupart des dirigeants d’Occident pensent qu’il est très difficile qu’il y aura une victoire de l’Ukraine et l’Occident doit essayer de contrôler la situation pour qu’elle ne s’empire pas. Le conférencier pense que cette position est injuste et en une certaine mesure criminelle. L’Europe n’aide pas assez l’Ukraine. Les dirigeants occidentaux sont responsables pour avoir laissé faire ces crimes en Ukraine. Ils auraient pu sauver des milliers et des milliers de vies. Ils n’ont pas voulu. Lui-même se sent coupable pour ne pas avoir fait assez pour convaincre les responsables occidentaux d’agir autrement. Mais on trouve aussi des dirigeants des pays nordiques ou baltes qui disent la même chose que lui : « Il ne faut pas seulement aider l’Ukraine aussi longtemps que cela est nécessaire mais jusqu’à la victoire ! ». La seule vraie issue pour Tenzer, c’est la victoire pour l’Ukraine et la défaite de la Russie. Il faut donc changer de paradigme. Pour la plupart des dirigeants, il est clair qu’il n’y a pas de position intermédiaire et un status quo n’est pas souhaitable. Même si on n’y est pas encore, Tenzer reste confiant que l’Occident arrivera à changer dans le bon sens.
L’UE doit contrer Trump pour qu’on n’ait pas une fausse paix. Il y a aussi le problème du Conseil de Sécurité où on est passé de trois contre deux à deux contre trois (Russie, Chine, Etats-Unis). Malheureusement, les Etats-Unis sont en train de changer de position et de s’aligner trop sur la Russie et la Chine. Pour Tenzer, Trump veut trop se rapprocher de la Russie. Et l’UE doit tout faire pour empêcher une paix factice. Car il n’y a pas de rationalité dans l’esprit de Trump et de J.D. Vance. C’est pourquoi les Européens doivent s’opposer. Déjà avec Obama et Biden, les Européens savaient qu’on ne pouvait se fier aux Américains. Mais maintenant, avec Trump, les Américains ont changé rapidement et carrément de camp. Certains s’attendaient à cela, mais beaucoup se sont figés dans un esprit critique.
Question : Une question qui n’est pas directement liée à guerre en Ukraine. Est-ce que l’Europe devra se positionner si la Chine attaquera Taiwan pour se l’incorporer ?
Où est-ce que la Chine se situe par rapport à la guerre en Ukraine ? Tenzer pense que la Chine est actuellement totalement du côté de la Russie. Xi Jinping partage également le point de vue qu’il faut détruire les règles de base et de droit de l’ordre mondial. Il se démarque clairement de ses prédécesseurs. Il faut que les Européens se rendent compte que la Chine soutient de fait la Russie (achat de pétrole, vente d’armes etc.) Il faut que les Européens se rendent compte qu’il faut être beaucoup plus sévère et contrer les Chinois en termes d’investissements. Trump va complètement se séparer de Taiwan comme il se moque du Tibet, des Ouïgours, de Honkong. De la même manière comme il se moque de l’Ukraine. Les Européens ont les moyens de s’opposer à la Russie en Ukraine et en Europe en termes de capacités. Il reste moins optimiste sur les forces disponibles pour contrer la Chine quand celle-ci voudra prendre Taiwan. A cause des rapports de force.
Question : La France est présente dans le Pacifique aussi. En cas de non-intervention américaine sur Taiwan, la France devra se décider. Est-ce que la France est en train de perdre de sa puissance dans cette aire du Pacifique ?
Pour Tenzer la vraie question est de savoir si, dans les dix années à venir, les nations européennes seront capables de créer des alliances avec des nations dans la zone du Pacifique, comme le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et Taiwan. Mais, vis-à-vis de la force chinoise, les Européens ne pourront pas faire grand-chose si l’on voit la marine chinoise qui a outrepassé la puissance de la marine américaine. L’enjeu sera considérable.
Après cette dernière question, le président d’Ad Pacem clôt la conférence, en disant que M. Tenzer a bien montré les aspects qui font que les Européens sont impliqués dans la guerre en Ukraine. Ils se trouvent en face d’une guerre qui va durer encore des années.
Les Européens sont en train de se réveiller et prennent lentement conscience que le temps de paix en Europe et autour d’elle est révolu. Pour l’instant, on ne sait pas comment parvenir avec les Russes à une paix en Ukraine. Un accord ne pourra prévoir que les responsables russes puissent s’en réchapper innocentés avec les nombreux crimes qu’ils ont commis contre le peuple ukrainien. Ce serait un mauvais nouveau départ.
Remerciant Tenzer d’être venu au Luxembourg pour soulever un peu ce voile de la guerre et de la paix en Europe, le président d’Ad Pacem remercie celles et ceux qui se sont déplacés pour prendre part à cette conférence.
Résumé de la conférence
Sur invitation de l’association Ad Pacem servandam, le samedi 15 mars 2025, Nicolas Tenzera donné une conférence au Salon du Livre et des Cultures à Luxembourg-Kirchberg. Le thème était « Notre guerre et le retour du crime de masse. »
Avant de passer la parole à Tenzer, le président demande une minute de silence pour la mort au front russo-ukrainien d’Oleksij Savkevicht, un grand ami que l’association avait invité au Luxembourg il y a quelques années.
Pour Tenzer, cet assassinat d’Oleksij sert d’introduction à sa conférence et à ce qu’il veut dire de cette guerre. Car c’est d’abord une guerre qui tue massivement et délibérément des soldats et des civils ukrainiens, qui rappelle d’autres génocides connus (Nazis envers les Juifs, les Turcs envers les Arméniens, les Hutus envers Tutsis etc.). Depuis que Poutine est au pouvoir en Russie, des centaines de milliers de vies ont été sacrifiées en Tchétchénie, Syrie, Georgie et Ukraine. L’Ukraine est aujourd’hui un pays de mutilés, de militaires qui ont perdu leurs bras, leurs jambes, leurs yeux, leurs visages. On assiste chaque jour, dans les villages conquis par les Russes, à des viols de masse, parce que le viol est aussi une arme de guerre, et à des tortures. Le droit international est bafoué : les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes de génocide et le crime d’agression sont perpétrés par l’État russe. Ceci est répété systématiquement, ajoutant à chaque fois le crime au crime, l’abomination à l’abomination.
Ce qui renforce encore plus la thèse du génocide ukrainien, c’est la destruction par les Russes du patrimoine culturel et cultuel de ce peuple. Les Russes sont mûs par une volonté d’anéantir tout simplement le peuple ukrainien, sa culture, son existence même. Les Ukrainiens qui sont libérés lors des échanges de prisonniers disent qu’ils ont été systématiquement torturés.
Pour Tenzer, la Russie est un État avec lequel il n’est pas possible de trouver le moindre compromis, avec lequel il n’est pas possible de négocier.
L’ascension politique au pouvoir absolu de Poutine a été sanglante. Il s’est associé au début à tous les mafieux des bas-fonds de Saint Pétersbourg qui trafiquaient les armes, la drogue, les femmes etc. Et c’est cela la réalité du régime russe : un régime fondé sur le sang de personnes, fondé sur la prédation des richesses. La Russie poutinienne n’a pas arrêté de faire aussi le malheur de son propre peuple.
Tenzer critique une sorte d’auto-blanchiment de la part des dirigeants occidentaux depuis toutes les aggressions et occupations de territoires étrangers faits par la Russie ces dernières décennies. On note une longue liste de complicités (européennes) avec ce régime russe, malgré le crime de masse que celui-ci continue de perpétrer. Certains vont jusqu’à dire qu’il faudrait comprendre les Russes, comprendre qu’ils se sentent encerclés par l’OTAN et réagissent en faisant la guerre.
Les Américains et les Européens ont certes donné à l’Ukraine du matériel militaire pour se défendre, mais de manières lente et progressive, objectant qu’il ne faut pas risquer l’escalade. On évite ainsi de voir de face les responsables des crimes ! Puis il y a les appels « à ne pas risquer de troisième guerre mondiale ». Celui-ci, comme tous les autres arguments, sortent du livre des recettes du Cremlin. Toutes ces peurs des Occidentaux sont malheureuses !
Parce l’Europe n’a pas livré assez d’armes à l’Ukraine, en 2024 la Russie a conquis 3.865 km2, c.-à-d. 0,6 % du territoire ukrainien.
En ce qui concerne les sanctions occidentales depuis 2014, il y a eu trop de propagande négative et des réticences qui disent qu’elles nuisent aux agriculteurs, aux producteurs et industriels européens. Il y a eu, certes, des répercussions, mais pas des nuisances globales à long terme.
Et il faut se rendre à l’évidence qu’aujourd’hui encore, l’Europe continue à importer du gaz naturel liquéfié russe et des produits d’origine fossile. Et que l’Europe n’a pas mis en place des sanctions secondaires ou extraterritoriales à l’égard de pays comme l’Inde, les Emirats arabes et la Chine qui continuent leur commerce avec la Russie. On sait que Trump a des liens anciens sur le plan financier avec la Russie qui datent d’avant Poutine. Les Russes ont sauvé à plusieurs reprises son empire immobilier d’une faillite totale, ce qui fait qu’il leur en est redevable. Ce qui est peut-être plus dangereux, si l’on regarde l’équipe actuelle qui entoure et conseille Trump, c’est la connivence idéologique totale entre Trump et l’idéologie poutinienne. L’un et l’autre ne font pas la différence entre les victimes et les coupables, entre l’agresseur et l’agressé, le droit international et national. L’un et l’autre sont d’avis que la force permet de réviser les frontières en violant l’ensemble des dispositions légales contenues dans la Charte de l’OSCE, ou Charte de Paris de 1990.
Ensuite on a vu Trump qui voulait faire d’abord la paix en un jour, puis en trois mois !
Mais la paix de Trump est une paix qui prépare la guerre suivante car elle repose sur l’oubli des crimes de masse commis par la Russie, une paix qui enterre une seconde fois les soixante-dix mille victimes de Marioupol assassinés par les Russes, les victimes de Boutscha, les victimes d’Isjum et d’autres lieux. La Paix qui dit finalement que la Russie peut conserver les territoires alors même que l’on sait que dans l’ensemble des territoires occupés par la Russie, ce sont des tortures, exécutions sommaires, viols de masse, déportations d’enfants.
Est-ce que les démocraties occidentales ont le droit de laisser passer tout cela ? Et si la morale et la dignité de l’homme ne comptent pas, si la punition des crimes n’importe pas, on peut quand même penser à la sécurité de l’Europe.
Tenzer répète qu’aujourd’hui on ne peut pas faire la paix avec Poutine. Il n’y a pas d’autre solution qu’une victoire sur la Russie. Elle est possible, encore faut-il le vouloir politiquement, tout en restant lucide sur ce qui est en train de se préparer. Si on a n’a pas cette conscience, c’est de l’intérieur que nos démocraties seront défaites. Il y a des forces politiques qui poussent dans ce sens, qui proposent un autre modèle que celui de la démocratie libérale et de la liberté. Une députée ukrainienne a dit : « Si nous continuons le combat, des milliers des nôtres vont mourir. Si nous cessons le combat, ce seront des millions ».
La seule vraie issue pour Tenzer, c’est la victoire pour l’Ukraine et la défaite de la Russie. Il faut donc changer de paradigme. Pour la plupart des dirigeants, il est clair qu’il n’y a pas de position intermédiaire, et un statut quo n’est pas souhaitable. Même si on n’y est pas encore, Tenzer reste confiant que l’Occident arrivera à changer dans ce bon sens.
Résumé
Sur invitation de l’association Ad Pacem servandam, le samedi 15 mars 2025, Nicolas Tenzer a donné une conférence au Salon du Livre et des Cultures à Luxembourg-Kirchberg. Le thème était « Notre guerre et le retour du crime de masse. »
Avant de passer la parole à Tenzer, le président demande une minute de silence pour la mort au front russo-ukrainien d’Oleksij Savkevicht, un grand ami que l’association avait invité au Luxembourg il y a quelques années.
Pour Tenzer, cet assassinat d’Oleksij sert d’introduction à sa conférence et à ce qu’il veut dire de cette guerre. Car c’est d’abord une guerre qui tue massivement et délibérément des soldats et des civils ukrainiens, qui rappelle d’autres génocides connus (Nazis envers les Juifs, les Turcs envers les Arméniens, les Hutus envers Tutsis etc.). Depuis que Poutine est au pouvoir en Russie, des centaines de milliers de vies ont été sacrifiées en Tchétchénie, Syrie, Georgie et Ukraine. L’Ukraine est aujourd’hui un pays de mutilés, de militaires qui ont perdu leurs bras, leurs jambes, leurs yeux, leurs visages. On assiste chaque jour, dans les villages conquis par les Russes, à des viols de masse, parce que le viol est aussi une arme de guerre, et à des tortures. Le droit international est bafoué : les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes de génocide et le crime d’agression sont perpétrés par l’État russe. Ceci est répété systématiquement, ajoutant à chaque fois le crime au crime, l’abomination à l’abomination.
Ce qui renforce encore plus la thèse du génocide ukrainien, c’est la destruction par les Russes du patrimoine culturel et cultuel de ce peuple. Les Russes sont mûs par une volonté d’anéantir tout simplement le peuple ukrainien, sa culture, son existence même. Les Ukrainiens qui sont libérés lors des échanges de prisonniers disent qu’ils ont été systématiquement torturés.
Pour Tenzer, la Russie est un État avec lequel il n’est pas possible de trouver le moindre compromis, avec lequel il n’est pas possible de négocier.
L’ascension politique au pouvoir absolu de Poutine a été sanglante. Il s’est associé au début à tous les mafieux des bas-fonds de Saint Pétersbourg qui trafiquaient les armes, la drogue, les femmes etc. Et c’est cela la réalité du régime russe : un régime fondé sur le sang de personnes, fondé sur la prédation des richesses. La Russie poutinienne n’a pas arrêté de faire aussi le malheur de son propre peuple.
Tenzer critique une sorte d’auto-blanchiment de la part des dirigeants occidentaux depuis toutes les aggressions et occupations de territoires étrangers faits par la Russie ces dernières décennies. On note une longue liste de complicités (européennes) avec ce régime russe, malgré le crime de masse que celui-ci continue de perpétrer. Certains vont jusqu’à dire qu’il faudrait comprendre les Russes, comprendre qu’ils se sentent encerclés par l’OTAN et réagissent en faisant la guerre.
Les Américains et les Européens ont certes donné à l’Ukraine du matériel militaire pour se défendre, mais de manières lente et progressive, objectant qu’il ne faut pas risquer l’escalade. On évite ainsi de voir de face les responsables des crimes ! Puis il y a les appels « à ne pas risquer de troisième guerre mondiale ». Celui-ci, comme tous les autres arguments, sortent du livre des recettes du Cremlin. Toutes ces peurs des Occidentaux sont malheureuses !
Parce l’Europe n’a pas livré assez d’armes à l’Ukraine, en 2024 la Russie a conquis 3.865 km2, c.-à-d. 0,6 % du territoire ukrainien.
En ce qui concerne les sanctions occidentales depuis 2014, il y a eu trop de propagande négative et des réticences qui disent qu’elles nuisent aux agriculteurs, aux producteurs et industriels européens. Il y a eu, certes, des répercussions, mais pas des nuisances globales à long terme.
Et il faut se rendre à l’évidence qu’aujourd’hui encore, l’Europe continue à importer du gaz naturel liquéfié russe et des produits d’origine fossile. Et que l’Europe n’a pas mis en place des sanctions secondaires ou extraterritoriales à l’égard de pays comme l’Inde, les Emirats arabes et la Chine qui continuent leur commerce avec la Russie. On sait que Trump a des liens anciens sur le plan financier avec la Russie qui datent d’avant Poutine. Les Russes ont sauvé à plusieurs reprises son empire immobilier d’une faillite totale, ce qui fait qu’il leur en est redevable. Ce qui est peut-être plus dangereux, si l’on regarde l’équipe actuelle qui entoure et conseille Trump, c’est la connivence idéologique totale entre Trump et l’idéologie poutinienne. L’un et l’autre ne font pas la différence entre les victimes et les coupables, entre l’agresseur et l’agressé, le droit international et national. L’un et l’autre sont d’avis que la force permet de réviser les frontières en violant l’ensemble des dispositions légales contenues dans la Charte de l’OSCE, ou Charte de Paris de 1990.
Ensuite on a vu Trump qui voulait faire d’abord la paix en un jour, puis en trois mois !
Mais la paix de Trump est une paix qui prépare la guerre suivante car elle repose sur l’oubli des crimes de masse commis par la Russie, une paix qui enterre une seconde fois les soixante-dix mille victimes de Marioupol assassinés par les Russes, les victimes de Boutscha, les victimes d’Isjum et d’autres lieux. La Paix qui dit finalement que la Russie peut conserver les territoires alors même que l’on sait que dans l’ensemble des territoires occupés par la Russie, ce sont des tortures, exécutions sommaires, viols de masse, déportations d’enfants.
Est-ce que les démocraties occidentales ont le droit de laisser passer tout cela ? Et si la morale et la dignité de l’homme ne comptent pas, si la punition des crimes n’importe pas, on peut quand même penser à la sécurité de l’Europe.
Tenzer répète qu’aujourd’hui on ne peut pas faire la paix avec Poutine. Il n’y a pas d’autre solution qu’une victoire sur la Russie. Elle est possible, encore faut-il le vouloir politiquement, tout en restant lucide sur ce qui est en train de se préparer. Si on a n’a pas cette conscience, c’est de l’intérieur que nos démocraties seront défaites. Il y a des forces politiques qui poussent dans ce sens, qui proposent un autre modèle que celui de la démocratie libérale et de la liberté. Une députée ukrainienne a dit : « Si nous continuons le combat, des milliers des nôtres vont mourir. Si nous cessons le combat, ce seront des millions ».
La seule vraie issue pour Tenzer, c’est la victoire pour l’Ukraine et la défaite de la Russie. Il faut donc changer de paradigme. Pour la plupart des dirigeants, il est clair qu’il n’y a pas de position intermédiaire, et un statut quo n’est pas souhaitable. Même si on n’y est pas encore, Tenzer reste confiant que l’Occident arrivera à changer dans ce bon sens.
Newsletter 38
1. Invitation à l’Assemblée générale 2025
Chers membres, chers amis,
Au nom du comité de l’association « Ad Pacem servandam – Pour la Paix et contre la Guerre », je vous invite à notre Assemblée générale ordinaire 2025.
Elle aura lieu le samedi 29 mars de 09h30 à 11h30 au Centre Paroissial St. Willibrord, 27 rue de la Résistance à côté de l’église de Bascharage (Käerjeng, Luxembourg).
Un parking gratuit se trouve derrière église.
Vous serez informés des activités de notre association sur l’année 2024, du rapport de caisse et des projets en cours pour l’année 2025.
Après l’assemblée, le comité invite au pot de l’amitié offert par l’association.
L’ordre du jour sera le suivant :
- Ouverture de la séance par le président
- Rapport des activités 2024
- Rapport financier 2024
- Rapport du réviseur de caisse
- Budget prévisionnel 2025
- Divers
2. Rappel : Invitation le 15 mars 2025 à la conférence de M. Nicolas Tenzer au Salon du Livre et des Cultures à Luxembourg-Ville
L’association « Ad Pacem servandam – Pour la Paix et contre la Guerre » invite à venir écouter M. Nicolas Tenzer au Salon du Livre et des Cultures à Luxembourg-Kirchberg. Sa conférence aura lieu le samedi 15 mars, de 15h à 16h30 dans la salle 2a.
Le sujet de la conférence sera :
« Notre guerre et le retour du crime de masse »
Ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm) et de l’ENA, diplômé de Sciences Po Paris, Nicolas Tenzer est haut fonctionnaire et expert des questions stratégiques et l’auteur du blog Tenzer Strategics. Il est également l’auteur de plusieurs livres dont : Notre guerre, Le crime et l’oubli : pour une pensée stratégique(2024) ; Le monde à l’horizon 2030 (2011) ; Quand la France disparaît du monde (2008) ; France : la réforme impossible (2004) ; Les valeurs des modernes (2003).
Chers membres, espérant vous revoir nombreux lors de ces deux réunions,
très cordialement !
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 37
1. Invitation le 15 mars 2025 à la conférence de M. Nicolas Tenzer au Salon du Livre et des Cultures à Luxembourg-Ville
L’association « Ad Pacem servandam – Pour la Paix et contre la Guerre » vous invite à venir écouter M. Nicolas Tenzer au Salon du Livre et des Cultures à Luxembourg-Kirchberg. Sa conférence aura lieu le samedi 15 mars, de 15h à 16h30 dans la salle 2A.
Le sujet de la conférence sera :
« Notre guerre et le retour du crime de masse »
Ancien élève de l’École normale supérieure (Ulm) et de l’ENA, diplômé de Sciences Po Paris, Nicolas Tenzer est haut fonctionnaire et expert des questions stratégiques et l’auteur du blog Tenzer Strategics. Il est également l’auteur de plusieurs livres dont : Notre guerre, Le crime et l’oubli : pour une pensée stratégique(2024) ; Le monde à l’horizon 2030 (2011) ; Quand la France disparaît du monde (2008) ; France : la réforme impossible (2004) ; Les valeurs des modernes (2003).
2. Les aides à l’hôpital psychiatrique de Vorzel grâce au bénéfice de la vente du calendrier 2024 et grâce à d’autres actions de solidarité
Tout le bénéfice de la vente du calendrier 2024 a été destiné à l’hôpital de Vorzel près de Kyiv, où la plupart des patients – civils et soldats – souffrent de traumatismes profonds causés par la guerre d’agression russe dans l’est et le sud de l’Ukraine.
L’association a ainsi financé la rénovation d’une salle de thérapie intensive et payé trois grands achats de médicaments. Ces aides sont visibles sur le site de l’association, sous la rubrique « Guerre de la Russie contre l’Ukraine » aux dates suivantes : 17 juillet 2024, 30 août 2024, 30 septembre 2024 et 24 décembre 2024.
Durant l’année 2024, cet hôpital a aussi été aidé par plusieurs dons et d’autres actions de l’association. À voir chaque fois les liens sous la même rubrique aux dates indiquées :
Pour l’achat de médicaments le 1 sept. et 24 oct. 2024 ; pour les concerts de solidarité le 23 août et 24 oct. 2024, à la suite des appels aux dons le 30 oct. et 14 nov. 2024, grâce aux subsides des villes de Differdange et de Dudelange le 15 avril 2024 et grâce à un don fait par le KIWANIS Club de Luxembourg le 15 juillet 2024.
Un grand merci va à la vice-présidente de l’association qui a organisé toutes ces activités et aux nombreux donateurs.
Chers membres, recevez toutes et tous mes meilleures salutations !
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 36
1. Calendrier Ad Pacem 2025
Chaque année, nous visitons des lieux en Europe marqués par de grandes guerres du passé. Nous y collectons des documents et prenons des photos, qui servent ensuite à concevoir le calendrier pour l’année suivante.
Le calendrier 2025, disponible en français, allemand et italien, illustre les quatre principaux débarquements alliés (Sicile, Golfe de Salerne, Normandie et Provence). Ces événements, qui ont libéré l’Europe du joug nazi en 1943 et 1944, sont détaillés à travers des photos et des informations recueillies sur place. Des QR codes accompagnant les photos de chaque mois permettent d’accéder à des informations historiques complémentaires.
Vous pouvez consulter la page de couverture du calendrier ici :
Aperçu Calendrier Ad Pacem 2025
Connaître les guerres du passé est important pour comprendre la valeur de la Paix aujourd’hui.
Les bénéfices de la vente du calendrier 2025 (10€ + frais de port) seront intégralement reversés à l’association médicale ukrainienne « Hospitallers ». Cette organisation intervient rapidement pour soigner les soldats et civils blessés près de la ligne de front. Afin d’éviter des décès sur le champ de bataille, les blessés sont transportés le plus rapidement possible vers des hôpitaux dans les grandes villes, grâce à des véhicules tout-terrain et un bus équipé pour les opérations et les premiers soins.
Pour commander un calendrier, effectuez un virement de 16€ (calendrier + frais de port) sur notre compte courant IBAN : LU28 0099 7800 0064 0276 (BIC : CCRALULL).
N’oubliez pas d’indiquer votre nom, prénom et adresse postale, ainsi que la langue désirée. Le calendrier vous sera envoyé par la poste.
2. Action Marché de Noël à Differdange
Cette année, notre association sera présente au Marché de Noël à Differdange, du 29 novembre au 22 décembre.
Nous avons invité une réfugiée interne de l’Ukraine qui vit actuellement avec sa famille dans l’ouest du pays. Les visiteurs du Marché auront l’occasion de découvrir ses magnifiques décorations de Noël artisanales qu’elle fabrique elle-même. L’achat de ces décorations aide toute sa famille et ses amis à affronter les difficultés des déplacés et réfugiés internes. Une partie des bénéfices sera également reversée à un foyer pour enfants déplacés.
Le marché de Noël est ouvert de 14h à 20 de mercredi à dimanche, les vendredis et samedis l’ouverture est assurée jusqu’à 22h. Le marché reste fermé les lundis et les mardis.
Pour découvrir tous les objets disponibles (dimensions, prix, etc.), cliquez ici :
Assortiments décorations Noël 2024
Ils peuvent être achetés directement au marché. Pour toute question, n’hésitez pas à nous contacter au (+352) 621 280 850.
Meilleures salutations !
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam
Newsletter 35
1. La « Paix » dans les Balkans – Conférence de J.-A. Dérens
2. Ukrainiens sous les missiles et les bombes russes :
rapport de notre vice-présidente qui a été en Ukraine
3. « Bike for climate » autour du Lac du Der le 28 et 29 septembre
Chers membres,
Cette Newsletter informe sur la situation dans les Balkans qui ont été ravagés de 1992 à 1995 par les guerres balkaniques. La situation s’est améliorée depuis, mais on ne peut parler de paix réelle tant les conflits restent sous-jacents et risquent d’exploser, p.ex. entre le Kosovo et la Serbie ou en Bosnie-Herzégovine entre la République Srepska et les communautés bosniaques et croates.
Les résumés de la conférence du Salon du Livre 2024 avec notre invité M. Jean-Arnault Dérens, ainsi que la vidéo filmée de toute la conférence sur YouTube font une analyse actuelle des situations des peuples des Balkans.
Notre vice-présidente Natalya a visité en juillet certains des projets des victimes de la guerre que nous soutenons en Ukraine. Malheureusement, la situation pour les Ukrainiens reste très difficile et un cessez-le-feu, voire une paix avec la Russie encore impossible. Ce pays continue, en toute impunité à tuer ses propres soldats et les civils et soldats ukrainiens qui défendent leur pays. Vous pouvez lire, ci-après, le compte-rendu du voyage.
=> 8 juillet 2024 – Refuge Ivano-Frankivsk
=> 9 juillet 2024 : Misto dobra
=> 15 et 16 juillet 2024 : Camp de concentration ‘Izolyaziya’ à Donetzk
=> 17 juillet 2024 – Hôpital de Vorzel
=> 30 août 2024 – Salle de thérapie hôpital de Vorzel
Après la Deuxième Guerre mondiale la paix s’est construite à l’intérieur de la Communauté économique européenne par une politique économique commune. Celle-ci reposait, entre autres, sur l’exploitation des énergies fossiles, essentiellement le charbon, le pétrole et le gaz. Le passage aux énergies renouvelables, envisagé depuis le début du nouveau millénaire, demande de laisser tomber, à moyen terme, l’exploitation des sources fossiles. Il s’agit d’éviter les catastrophes annoncées par toutes les études sur les changements climatiques en cours. Les grands pays exportateurs de pétrole, comme la Russie et les pays du Golfe refusent cependant ces transitions vers une économie écologique. Les guerres (Ukraine, Gaza et autres) deviennent alors (aussi) un moyen pour empêcher cette transition. Depuis 2022, nous remarquons comment les projets, les mouvements et partis écologiques ont de la peine à s’imposer ou sont battus en brèche. Les gouvernants arrêtent ou freinent les transitions écologiques qui ambitionnent de remplacer les causes de la pollution de l’air par le gaz carbonique CO2, premier responsable des changements climatiques.
Nous organisons notre prochain « Bike for climate – bike for peace » autour du plus grand lac artificiel de France, le Lac du Der, à la limite des départements de la Marne et de la Haute-Marne. Venez expérimenter les bienfaits du vélo du samedi matin 28 septembre jusqu’au dimanche après-midi 29 septembre. Le soir du 28 il y aura un échange autour du thème de « l’écologie fondamentale ».
Vous êtes tous cordialement invités à nous rejoindre. Nous nous déplacerons en covoiturage. Prévenez-nous à l’avance de votre participation par mail ([email protected]) ou en nous téléphonant au +352 621 280 850 ou par simple SMS.
=> Ad Pacem Bike Tour 7 (28.09.)
=> Ad Pacem Bike Tour 7 (29.09.)
Meilleures salutations,
Claude Pantaleoni
Président Ad Pacem servandam





